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Articles

“Histoires parallèles” d’Asghar Farhadi

Film franco-américano-italo-belge d’Asghar Farhadi (2026), avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, India Hair, Catherine Deneuve… 2h19. Sortie le 14 mai 2026. Isabelle Huppert et Adam Bessa Une romancière (Isabelle Huppert) recluse au sommet d’un immeuble des grands boulevards où rien ne semble avoir changé depuis des décennies surveille ses voisins à l’aide d’un télescope, vigie en quête d’une inspiration illusoire, faute d’oser sortir de chez elle pour se confronter au réel. Jusqu’au jour où sa nièce enceinte (India Hair) la convainc de vendre l’appartement dont elles sont copropriétaires et lui présente un jeune homme (Adam Bessa) qu’elle accepte d’héberger en échange de menus services, lequel se met à son tour à écrire en s’inspirant de ce qu’il croit comprendre de la vie des autres et de la méthode de sa protectrice. Simultanément, de l’autre côté de la rue, deux frères ingénieurs du son (Vincent Cassel et Pierre Niney) et une collègue (Vi...

“L’abandon” de Vincent Garenq

Film français de Vincent Garenq (2026), avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Nedjim Bouizzoul, Emma Bouali, Marwan Zeghoudi, Mehdi Djaadi, Marie-Sohna Condé, Barbara Bolotner, Zakarya Feliachi… 1h40. Sortie le 13 mai 2026.   Emmanuelle Bercot Comment traiter cinématographiquement d’un événement aussi grave que l’assassinat du professeur Samuel Paty ? La question s’affirmait fondamentale et exigeait d’être posée publiquement. Pour ne pas oublier, certes, mais aussi afin de tenter de tirer la sonnette d’alarme et de décréter la mobilisation générale avant que l’aveuglement ne nous mène au chaos debout. Vincent Garenq s’est frotté par le passé à des sujets de société ô combien délicats, à commencer par l’affaire d’Outreau dans Présumé coupable (2011) et le scandale Clearstream dans L’enquête (2015), se positionnant en quelque sorte comme un héritier d’André Cayatte et d’Yves Boisset par son intérêt pour la justice et sa poursuite de la vérité. Il semblait donc être le cand...

“Obsession” de Curry Barker

Film américain de Curry Barker (2025), avec Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless, Andy Richter, Haley Fitzgerald, Darin Toonder, Chloe Breen, Anthony Pavone, Anthony Casabianca, Malcolm Kelner, Jeff Barker, Travis Beck, Kyle Blumenthal, Matthew Jackson… 1h49. Sortie le 13 mai 2026. Inde Navarrette et  Michael Johnston Il ne se passe plus une semaine sans que sorte un film d’horreur, ce genre longtemps cantonné à la série B ayant amplement conquis ses lettres de noblesse en taillant des croupières à des œuvres ô combien plus ambitieuses. Avec des succès qui se multiplient au box-office, une économie relativement modeste qui sacrifie les têtes d’affiche aux cachets prohibitifs contre des effets spectaculaires à moindre coût, un public avide de sensations fortes et une surenchère régulière pour provoquer de grands frissons en renouant avec les fondamentaux du cinéma. Avec ce corollaire incontournable que représente le partage de sensations fortes dans des...

“Junk World” de Takahide Hori

Film d’animation japonais de Takahide Hori (2025), avec (voix) Takahide Hori, Ikuya Idota, Atsuko Miyake, Yuji Sugiyama, Matsuoka Zoshi… 1h45. Sortie le 13 mai 2026. Takahide Hori est l’un de ces moines cisterciens comme le cinéma d’animation en engendre parfois. Un artiste franc-tireur qui s’est juré de travailler à l’ancienne, quitte à créer de toutes pièces à l’aide d’une garde rapprochée réduite à l’extrême l’un de ces longs métrages pour lesquels bon nombre de studios croient indispensable de mobiliser une main d’œuvre pléthorique, quitte à transformer l’art en industrie et à niveler la créativité par le bas. Rappelons-nous ici qu’il fut un temps pas si lointain ou les studios Disney eux-mêmes ne parvenaient pas à produire plus d’un film tous les deux ou trois ans, malgré des milliers de “petites mains”. Le cinéma d’animation est aujourd’hui aux mains de véritables empires industriels où l’individu se contente de contribuer à l’effort collectif pour une petite ligne difficilement ...

“Élise sous emprise” de Marie Rémond

Film franco-belge de Marie Rémond (2026), avec Marie Rémond, José Garcia, Gustave Kervern, Olivia Côte, Yannick Choirat, Lolita Chammah, Anne Le Ny, Alain Françon, Ambrine Trigo Ouaked, David Talbot, Rodolphe Congé, Noémie Develay Ressiguer, Laurent Ménoret, Florent Cheippe, Pierre-Félix Gravière… 1h26. Sortie le 13 mai 2026. Marie Rémond et José Garcia Assistante à la mise en scène discrète et effacée, Élise se retrouve propulsée au remplacement immédiat de son chef mort subitement, tout en se débattant avec un partenaire pour le moins toxique. Pour tout arranger, elle est en proie à des crises de trouble panique aussi soudaines que violentes. De cette confusion intime, Marie Rémond, qui possède un solide bagage théâtral, tire une dramédie dans l’air du temps dont elle assume en outre le rôle principal. À la façon d’une émule féminine de Woody Allen qui puise son inspiration dans un certain mal de vivre, avec l’idée d’en sourire plutôt que de se complaire dans un pathos indécent. L’ac...

“La Vénus électrique” de Pierre Salvadori

Film franco-belge de Pierre Salvadori (2026), avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Madeleine Baudot, Charline Cerri, Romain Lefebvre, Patrice Tepasso, Fanny Carbonnel, Toma Robinot, Edwin Gillet… 2h02. Sortie le 12 mai 2026. Anaïs Demoustier Paris, 1928. Un peintre devenu veuf noie sa détresse dans l’alcool au grand dam de son ami et galeriste. Dans une fête foraine, une femme qui s’exhibe en embrassant des chalands de passage tout en étant connectée à la fée électricité joue les diseuses de bonne aventure à ses heures perdues. Le jour où l’artiste éméché croit reconnaître en elle la voix de sa chère disparue, troublé par cette rencontre qu’il croit d’outre-tombe, il se remet miraculeusement à l’ouvrage. Reste maintenant à entretenir l’illusion pour son entourage soucieux de l’aider à émerger du néant et à retrouver son inspiration… La première incursion de Pierre Salvadori dans le cinéma d’époque s’impose comme une évidence trop longtemps ...