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“Les vacances de Golo & Ritchie” de Martin Fougerol et Ahmed Hamidi



Film français de Martin Fougerol et Ahmed Hamidi (2026), avec Golo, Ritchie, John Café, Outhman El Mrabti, Florian Mena, Marie Bourseiller, Lalo de Maria, Rebecca Lambert, Jacques Mena… 1h20. Sortie le 22 juillet 2026.





Certains films semblent sortis de nulle part. C’est le cas de Golo & Ritchie sorti au cœur de l’été 2024 et devenu un authentique phénomène du box-office si l’on considère la modestie de son ambition et son impact sur le public (plus de 430 000 entrées !) Le propos de cette chronique plutôt joyeuse est d’ailleurs d’une simplicité déconcertante. Elle s’attache à la complicité de deux garçons de banlieue : l’un est un petit malin, l’autre affecté d’un autisme léger mais costaud. La complémentarité physique et intellectuelle de ces deux transfuges des réseaux sociaux (déjà suivis à l’époque par un million et demi de personnes sur Snapchat, 700 000 sur Instagram et 500 000 sur Tiktok) évoque irrésistiblement celle de George Milton et Lennie Small dans Des souris et des hommes de John Steinbeck. À eux deux, ils représentent quelque chose comme la synthèse d’un homme parfait dont on ne conserverait que la bonne humeur et la bienveillance. Le traitement lorgne en outre ostensiblement du côté du documentaire, même si la narration s’appuie sur une structure identifiable et se décline dans ce cadre sous la forme d’une succession de saynètes plutôt anodines en forme de cartes postales. Dans ce deuxième opus, les compères de la Grande Borne recrutent un troisième larron et mettent le cap sur la Camargue à l’invitation de la célèbre Marie Sara née Bourseiller rendue célèbre par Claude Lelouch dans La belle histoire (1992). Accueillis comme des princes, ils mettent leur bonne fortune au service d’une bande de gamin des cités privés de vacances à qui ils offrent un séjour de rêve où le plaisir va de pair avec une implication de chacun au bien-être de tous.



Golo et Ritchie



Pour ce deuxième opus, Golo et Ritchie sont accompagnés d’un troisième larron en phase avec leur état d’esprit : John Café. Le trio règne en outre sur une nuée de gamins galvanisés par ces vacances providentielles et pris en main par une sorte de moniteur brut de décoffrage qui sait se faire respecter sans abuser de son autorité et leur fait retaper une barcasse de nature à les transformer en aventuriers. Le cadre de la Camargue, ses chevaux sauvages, ses flamants roses, ses étangs, ses salines et ses rizières servent de décor enchanteur à une comédie plaisante où tout sonne juste, sans qu’on parvienne à distinguer précisément ce qui relève de la fabrication et ce qui est né de l’improvisation. Le secret réside sans doute dans la réalisation bicéphale du film qui avait déjà beaucoup apporté à la fraîcheur de l’opus précédent. Transfuge des “Guignols de l’info”, Ahmed Hamidi, qui s’est fait connaître comme coscénariste de Gilles Lellouche sur Le grand bain (2018) et L’amour ouf (2024), gère la fiction, là où Martin Fougerol a la responsabilité de filmer le quotidien de ces vacances pas tout à fait comme les autres. Une répartition des tâches à laquelle le montage apporte une fluidité qui fait toute la différence. Les vacances de Golo & Ritchie est un objet cinématographique plus sophistiqué qu’il ne pourrait y paraître de prime abord : un pur moment de plaisir partagé en excellente compagnie qui mérite le succès du précédent.

Jean-Philippe Guerand




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