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“Pressure” d’Anthony Maras



Film britanno-français d’Anthony Maras (2026), avec Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon, Chris Messina, Damian Lewis, Henry Ashton, Con O’Neill, Tamsin Topolski, Daniel Quinn-Toye, Wil Coban, Michael Benz, Harrison Osterfield, Jamie Ben Chambers, Taylor Uttley, Richard Clothier, Joshua Hill, Max Croes, Jojo Macari… 1h40. Sortie le 9 septembre 2026.



Andrew Scott



La grande histoire fourmille de petites histoires qui ne demandent qu’à être racontées. Du Débarquement allié du 6 juin 1944, on croyait tout savoir grâce aux deux fresques qui lui ont été consacrées : Le jour le plus long (1962) et Il faut sauver le soldat Ryan (1998), mais aussi d’autres films qui l’évoquent, de Yanks (1979) au récent La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom. Pressure s’attache à une facette pour le moins méconnue de cette opération titanesque : la météo. Une discipline scientifique alors balbutiante qui a joué un rôle crucial dans le déclenchement des opérations, en déterminant la fenêtre la plus favorable à l’invincible armada lancée à l’assaut des côtes de Normandie. Face aux spécialistes américains, un capitaine britannique droit dans ses bottes se voit sollicité au moment même où son épouse s’apprête à donner naissance à leur premier enfant. Anthony Maras s’inspire d’une pièce de théâtre de David Haig pour mettre en scène ces préparatifs à haute tension dont dépendra non seulement le sort des dizaines de milliers de soldats engagés dans cette opération, mais surtout la libération de l’Europe occupée. L’habileté du scénario consiste à créer une fausse incertitude à partir d’événements dont on connaît l’issue. Il élargit son propos en évoquant les relations pas toujours au beau fixe entre les Britanniques et les Américains sur le commandement des opérations et la meilleure stratégie à adopter.



Andrew Scott, Kerry Condon et Brendan Fraser



Pressure, dont le titre renvoie autant à la pression atmosphérique qu’à l’ambiance à haute tension qui règne dans ce château faisant office de quartier général, repose pour une bonne part sur la prestation de son interprète principal, l’acteur irlandais Andrew Scott, qui excelle à endosser la rigueur compassée de son personnage de scientifique peu enclin à la fantaisie et qui plus est préoccupé par l’imminence de sa paternité. Face à lui, Brendan Fraser ajoute un nouveau rôle de composition à son palmarès en la personne du commandant des forces alliées, Dwight Eisenhower. Le film éclaire d’un jour nouveau les coulisses de cette opération à haut risque et montre à quel point la détermination du Jour J le plus opportun a constitué une étape décisive dans l’évolution d’une science encore peu considérée sur laquelle nous avons tous désormais les yeux rivés, tant elle détermine notre quotidien. Son classicisme assumé convient parfaitement à un propos qui assume un patriotisme d’une autre époque stigmatisé par un ennemi commun, mais se justifie par son contexte historique. Il permet de mesurer à quel point le débarquement a marqué l’aboutissement d’une union moins sacrée que stratégique entre des alliés confrontés à des querelles intestines elles-mêmes motivées par la revendication d’un leadership éminemment diplomatique. Cette immersion en coulisse passionnante apporte en outre un tribut fort instructif à cette page glorieuse de notre histoire commune.

Jean-Philippe Guerand







Kerry Condon

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