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“Les contrebandiers” de Padraic McKinley



The Weight Film américano-allemand de Padraic McKinley (2026), avec Ethan Hawke, Russell Crowe, Julia Jones, Austin Amelio, Avi Nash, Lucas Lynggaard Tønnesen, Alec Newman, Sam Hazeldine, George Burgess, Cameron Brady, Avy Berry, Peter Lewys Preston… 1h52. Sortie le 16 septembre 2026.



Ethan Hawke



Notre époque tourmentée est régulièrement comparée aux années 1930, que ce soit en raison de la remontée en puissance spectaculaire des extrémismes ou du marasme économique provoqué par les guerres en cours. Il semble donc particulièrement légitime de se retourner vers cette ère de grande confusion pour tenter d’en percevoir les enseignements. Pendant la Grande Dépression, un veuf menacé de voir sa fille unique confiée à l’adoption se retrouve contraint de tout mettre en œuvre pour remédier à cette situation sans se retrouver déchu de ses droits. Il accepte pour cela une mission à haut risque qui consiste à acheminer une cargaison d’or pour le compte de commanditaires tout puissants dans l’Oregon de 1933. La construction est convenue, mais Padraic McKinley en tire un parti plutôt habile, avec la complicité de deux acteurs galvanisés par leurs rôles : Ethan Hawke en père courage et Russell Crowe, jamais aussi à son aise que dans les emplois de méchants, comme l’a démontré tout récemment sa composition d’Hermann Göring dans Nuremberg. L’intrigue des Contrebandiers brasse des thèmes romanesques empruntés à Victor Hugo (le bagne des Misérables) et John Steinbeck par sa peinture d’une population déclassée au sein de laquelle les familles les plus vulnérables sont menacées d’implosion. L’intrigue exploite ce contexte socio-économique tourmenté comme toile de fond d’un film d’aventures qui ne boude jamais son plaisir, donc le nôtre.



Russell Crowe



Passé du montage à la réalisation avec un sens du rythme éprouvé, Padraic McKinley perpétue la plus pure tradition d’un cinéma hollywoodien qui ne craignait jamais de se confronter aux grands sentiments, quitte à tirer parti des vertus du manichéisme dans des circonstances extrêmes. Les contrebandiers est un pur film d’aventure qui exacerbe les grands sentiments et s’offre quelque jolis morceaux de bravoure, à l’instar de cette traversée sur un pont de liane avec une cargaison de lingots d’or qui témoigne d’un réel amour de ce cinéma, en renouvelant une situation exploitée aussi bien dans King Kong (1933), Le convoi de la peur (1977), Indiana Jones et le Temple maudit (1984) que Shrek (2001) et même par Laurel et Hardy dans Les montagnards sont là (1938) où le burlesque frise l’absurde pur et dur. Sans chercher à faire du neuf avec du vieux, Padraic McKinley exploite à merveille les ressources de cette épreuve de vérité, au sein d’une équipée en forme de parcours du combattant qui répond avec efficacité à l’attente des amateurs du genre. C’est d’ailleurs précisément parce qu’il remplit scrupuleusement son cahier des charges que Les contrebandiers renoue avec la fonction première du cinéma hollywoodien : le plaisir du grand spectacle. Il serait injuste de demander davantage à un film conçu dans cet objectif, tant il s’avère honnête vis-à-vis de son enjeu initial et s’en donne les moyens.

Jean-Philippe Guerand






Ethan Hawke et Austin Amelio

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