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“La dernière séance” de Pan Nalin



Last Film Show Film indo-franco-américain de Pan Nalin (2021), avec Bhavin Rabari, Bhavesh Shrimali, Richa Meena, Dipen Raval, Paresh Mehta, Alpesh Tank, Shoban Makwa, Rahul Koli, Tia Sebastian, Vikas Bata, Kishan Parmar, Vijay, Rafiq Talukdar, Jasmin… 1h52. Sortie le 15 juillet 2026.



Bhavin Rabari



En marge du cinéma indien, qu’il s’agisse de Bollywood ou de son cercle indépendant, Pan Nalin reste un authentique franc-tireur qui a été touché par le cinéma à l’âge de 9 ans et a parcouru par la suite l’Himalaya afin de parfaire sa spiritualité à travers des expériences plutôt extrêmes. Un Background singulier qu’il a mis par la suite au service d’un cinéma résolument atypique après une série de documentaires nourris de son propre vécu. Révélé par Samsâra (2001), il a signé depuis une demi-douzaine d’autres longs métrages. Le dernier en date aura mis cinq années à nous parvenir. Il rend hommage au gamin qu’a été le cinéaste et à sa fascination pour le septième art qui l’a conduit à s’extraire de sa condition pour pratiquer un métier dont personne dans son entourage ne soupçonnait même l’existence. De la cabine de projection où l’opérateur l’invite à voir des films sans relâche, au grand dam de ses parents qui ne comprennent rien à sa passion, il découvre simultanément les trésors d’un monde merveilleux et les coulisses d’un métier qui consiste à faire rêver les autres. Tel est l’enjeu de cette Dernière séance baignée par la nostalgie, mais aussi par un caractère profondément universel qui l’apparente à d’innombrables célébrations intimes du pouvoir des images. À commencer évidemment par Cinema Paradiso (1988) de Giuseppe Tornatore, mais aussi le très récent documentaire azerbaïdjanais Le retour du projectionniste d’Orkhan Aghazadeh.



Richa Meena



Le cinéma est rarement aussi inspiré que lorsqu’il s’intéresse à sa propre magie pour en interroger les mystères. La dernière séance est pour Pan Nalin l’occasion de relater les origines lointaines de sa vocation sur le registre le plus intimiste qui soit, tout en célébrant le pouvoir de suggestion d’un art populaire qui s’appuie sur l’empathie et un certain sens du partage. Le réalisateur a la bonne idée de raconter cette histoire aussi simplement que possible et d’observer le monde qu’il décrit avec les yeux du petit garçon qu’il a été. Un rôle tenu à merveille par le jeune Bhavin Rabari dont le regard émerveillé renvoie aux enfants filmés naguère par Satyajit Ray ou Abbas Kiarostami. Pas question pour le metteur en scène de multiplier les clins d’œil pour cinéphiles ou d’accumuler les citations. Sa vocation personnelle a été nourrie par des œuvres de pur divertissement, le plus souvent non identifiées en Occident, qui avaient comme unique objectif de plaire au public populaire le plus vaste possible, sans s’embarrasser pour autant de réflexions métaphysiques sur l’état du monde. C’est précisément parce qu’il respecte son regard d’enfant sans le fausser par son expérience ultérieure de cinéaste aguerri que Nalin nous entraîne dans ce joli film d’apprentissage qui assume sa nostalgie, en évitant de céder au fameux “c’était mieux avant” qui aurait altéré son propos. Cette naissance d’une passion mériterait bien d’en engendrer d’autres par la chaleur et la générosité qui l’irradient…

Jean-Philippe Guerand






Bhavin Rabari

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