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“De la Comédie Française” de Martin Darondeau et Bertrand Usclat



Film français de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026), avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Adeline d’Hermy, Danièle Lebrun, Sefa Yeboah, Christian Hecq, Serge Bagdassarian, Sephora Pondi, Florence Viala, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe, Françoise Gilard, Nicolas Chupin, Elissa Alloula, Nicolas Lormeau, Gilles David, Suliane Brahim, Denis Podalydès… 1h12. Sortie le 22 juillet 2026.



Serge Bagdassarian et Guillaume Gallienne



L’an dernier à pareille époque, sortait Avignon qui prenait pour cadre la capitale mondiale des arts vivants et son effervescence festive. Cette année, c’est la maison de Molière qui sert de décor à De la Comédie française. Deux films passés par le festival de l’Alpe d’Huez où ils ont décroché chacun quatre prix. Martin Darondeau et Bertrand Usclat suivent les dernières heures qui séparent les répétitions d’un spectacle de sa première représentation. Une course contre la montre ponctuée d’imprévus qui leur donne le loisir de réunir quelques-uns des plus beaux talents de la vénérable institution dans une comédie virevoltante mais perméable à l’air du temps. On y découvre la vénérable institution contrainte de s’adapter aux contingences extérieures, tout en gérant les egos de certains de ses membres, l’insatiable soif de jouer de certaines recrues et les attentes d’un public fidèle qui n’est pas disposé à s’accommoder de toutes les licences artistiques. C’est d’ailleurs l’un des paradoxes de la Comédie française que d’être un trésor national sur lequel veille son public comme la prunelle de ses yeux. L’antre de la tradition ouvert à une modernité bien tempérée qui passe parfois par certaines audaces de mise en scène toujours servies par une troupe d’excellence dont les membres se doivent contractuellement de faire suivre leur nom de la mention légale “de la Comédie française”, comme un titre de gloire que le public assimile à un authentique gage de qualité.



Julien Frison



Au-delà de son scénario en guise de prétexte, ces chassés-croisés donnent à admirer l’excellence à l’œuvre, chaque rôle étant tenu par l’un des membres de cette institution dont la plupart sont aussi des vedettes de cinéma. À l’instar de Pauline Clément vue récemment en vedette d’Une fille en or, qui campe la metteuse en scène débutante et a collaboré au scénario. De Guillaume Gallienne en gardien à Christian Heck en régisseur, et de Benjamin Lavernhe en Molière à Denis Podalydès en… Shakespeare (ne pas rater le générique de fin !), c’est la fine fleur de l’excellence qui donne un supplément d’âme à cette célébration collective dont l’une des plus grandes qualités consiste à ne jamais se prendre au sérieux en exaltant ce plaisir de jouer qui caractérise les membres de la Comédie Française et en fait des êtres d’exception. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse : ce film célèbre la valeur inestimable d’un trésor national devenu un patrimoine collectif qui déverse à jets continus ses incroyables talents au cinéma. Dès lors, ce spectacle conçu sous la forme d’un compte à rebours brasse l’essentiel des interrogations inhérentes à une première sous pression, qu’il s’agisse du tout à l’ego et des caprices de certaines vedettes ou du collectif inhérent à une troupe parée pour réagir au moindre imprévu et le retourner à son avantage. Nul besoin d’être familier de la maison de Molière pour être sensible à ce propos et apprécier la folie douce de cette comédie enthousiasmante qui célèbre le meilleur de notre théâtre sans jamais céder pour autant à la facilité ou à la complaisance. Parce qu’être “de la Comédie française” constitue un titre de gloire prestigieux depuis près de trois siècles et demi.

Jean-Philippe Guerand






Laurent Stocker et Sefa Yeboah

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