Film d’animation américain d’Andrew Stanton et Kenna Harris (2026), avec (voix) Tom Hanks / Jean-Philippe Puymartin, Tim Allen / Richard Darbois, Joan Cusack / Barbara Tissier, Greta Lee / Laura Felpin, Craig Robinson / Jean-Pascal Zadi, Conan O’Brien / Jonathan Cohen, Tony Hale / Pierre Niney, Wallace Shawn / Henri Guybet… 1h42. Sortie le 17 juin 2026.
Toy Story est peut-être la franchise la plus emblématique du troisième millénaire par le soin que le studio Pixar a apporté à chacun de ses chapitres, au fil d’une saga dont le troisième opus semblait avoir définitivement sonné le glas. C’est son génie d’avoir su rebondir sans se répéter, en transformant des jouets en héros de cinéma à part entière. La lenteur du rythme de production est significative du soin apporté à des films qui développent chacun une thématique propre et élaborée : Toy Story (1995), Toy Story 2 (1999), Toy Story 3 (2010), Toy Story 4 (2019) et aujourd’hui Toy Story 5 (2026) reflètent cette exigence extrême. Le nouvel opus marque l’introduction des écrans parmi les jouets traditionnels déjà soumis à rude épreuve au fil du temps et des avancées successives de la technologie. Les enfants se retrouvent désormais seuls face à leur tablette, leur téléphone portable voire leur ordinateur et ont une fâcheuse tendance à se replier sur eux-mêmes. Du coup, ce sont les jouets négligés qui vont s’unir pour les faire sortir de leur isolement et les inciter à partager de bons moments ensemble, loin des réseaux sociaux et des nouvelles pratiques solitaires. Ce cinquième opus témoigne du soin incroyable apporté à son scénario qui fonctionne à la fois comme une synthèse des opus précédents et un miroir des contradictions de notre époque où le développement de la communication a favorisé davantage le repli sur soi que l’ouverture aux autres.
Tout commence ici comme dans un épisode de la série Lost. À la suite d’un accident d’avion, un stock de boîtes contenant le jouet Buzz l’Éclair échoue sur une île déserte d’où ils parviennent à s’échapper en suivant l’étoile polaire qui les renvoie à leur autorité, le fameux Star Command. Ailleurs, la cow-girl Jessie évincée par sa jeune propriétaire s’inquiète de la voir passer ses journées derrière un écran au point de ne parvenir à nouer la moindre relation avec ses camarades de classe ni même ses voisins par pure timidité. Le scénario est un entrelacs de situations qui vont finir par converger jusqu’aux retrouvailles de Jessie et Buzz sous le regard complice du shérif Woody. Pour la première fois à la barre, le vétéran Andrew Stanton, par ailleurs l’un des scénaristes d’origine de Toy Story, respecte l’esprit de la saga en montrant que le temps a passé et que les enfants d’hier, notamment Bonnie et Andy, ont grandi et sont devenus parents à leur tour dans un monde qui a bien changé et où l’introduction des jouets électroniques (qui se désignent sous le nom de clan des AA, en référence aux piles de ce type), puis informatiques (à l’exception notable des consoles) a exercé un impact défavorable sur les relations sociales en bridant par ailleurs l’imagination. À l’instar de ce plan du film qui montre des maisons où les seules lumières apparentes sont des lueurs blanches qui proviennent des chambres où des gamins veillent plus que de raison sur leurs écrans, parfois en attendant des messages hypothétiques de ces messageries instantanées qui les rattachent encore au réel. Le film regorge de morceaux d’anthologie et offre même en prime une chanson inédite de Taylor Swift. Que demander de plus ?
Jean-Philippe Guerand




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