Film américain d’Antoine Fuqua (2026), avec Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller, Juliano Krue Valdi, Jamal R. Henderson, Jayden Harville, Tre Horton, Rhyan Hill, Judah Edwards, Joseph David-Jones, Nathaniel Logan McIntyre, Laura Harrier, Larenz Tate, Kat Graham, Jessica Sula, Kendrick Sampson, KeiLyn Durrel Jones, Kevin Shinick, Derek Luke… 2h08. Sortie le 22 avril 2026.
Jaafar Jackson
C’est désormais un codicille obligatoire de la gloire : à chaque star son biopic. Au rayon musique, c’est en outre une aubaine pour relancer un répertoire et permettre aux ayant-droits d’arrondir leur pactole, quitte à s’arranger pour perpétuer la légende. Freddie Mercury, Elvis Presley, Amy Winehouse, Whitney Houston et Bob Marley ont ainsi été célébrés récemment post mortem, tandis qu’Elton John et Robbie Williams ont supervisé eux-mêmes Rocketman et Better Man. Après tout, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. On attendait avec d’autant plus d’impatience le film consacré à Michael Jackson par Antoine Fuqua, surtout réputé jusqu’alors pour ses films d’action. Un choix d’autant plus judicieux que le chanteur qu’il met en scène s’est imposé par son rythme à nul autre pareil. Il met ici ce sens du tempo au service d’une Success Story comme les affectionne le cinéma américain. Joseph Jackson comprend très vite le parti qu’il peut tirer de ses cinq garçons et lance les Jackson Five avec le petit dernier comme chanteur. Ici s’ouvrent les portes de la gloire pour Michael qui va devoir tuer le père pour se faire un prénom avec le destin qu’on connaît. Ici s’arrêtera le film qui en laisse miroiter un autre, nettement plus problématique pour ses héritiers par les thématiques qu’implique le respect de la réalité, même a minima.
Jaafar Jackson et Nia Long
Initié par la famille Jackson qu’on sait divisée (le personnage de Janet Jackson semble avoir été effacé du tableau), Michael concentre ses attaques contre le Pater Familias, mais zappe purement et simplement un personnage aussi déterminant que Diana Ross, comme de nombreux chapitres essentiels de son ascension vers la gloire. Le film opte sans détour pour la légende, mais coupe tout ce qui dépasse. Il a d’ailleurs donné lieu à des retakes innombrables pour coller aux impératifs des uns et des autres. Au point de réduire le fameux syndrome de Peter Pan à une fascination effrénée pour le dessin animé de Walt Disney et le chanteur à la voix miraculeuse à un protecteur de l’enfance en détresse, sans jamais évoquer le côté obscur qui a terni considérablement les dernières années de l’idole disparue à 50 ans. On peut toutefois se dire que Michael est l’hagiographie rêvée par les fans qui aiment à séparer l’homme de l’artiste et que sa musique se suffit à elle-même. Il convient toutefois de reconnaissant la présence de son interprète, qui n’est autre que le propre neveu de la star (le fils de son frère Jermaine), Jaafar Jackson, et reproduit avec talent son fameux Moonwalk. Reste à savoir ce qu’il adviendra d’une suite éventuelle en cas de succès planétaire, parce que là, il sera compliqué d’évacuer tous les sujets qui fâchent. À moins de confier l’affaire à John Waters ou… John Landis. Mais ce serait une autre histoire et la machine à cash aurait sans doute beaucoup à y perdre.
Jean-Philippe Guerand




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