DAO d’Alain Gomis (Compétition)
Fiction. 3h05
Dans cette fresque interprétée par une partie de sa famille, le réalisateur entremêle deux événements capitaux : les obsèques dans un village d’Afrique de Louis, le père de Gloria, et le mariage d’un jeune couple issu de la seconde génération d’immigrés africains en France, dans un domaine. Ces deux cérémonies sont régies par des codes traditionnels différents, les Africains autochtones reprochant d’ailleurs aux exilés de ne jamais se préoccuper d’eux. Le film commence par un face à face du réalisateur avec ses principales interprètes, des amateurs qui seront confrontés ensuite à quelques professionnels (Samir Guesmi, Slimane Dazi, Abel Jafri et Thomas Ngijol notamment), sans aucune hiérarchie. Il les fait évoquer leur vécu et l’intégration de leurs parents pour définir leurs personnages. Parmi les séquences les plus emblématiques, un match de foot, une bagarre, les personnages féminins dominant systématiquement leurs homologues masculins. On pense à Un mariage de Robert Altman pour son aspect choral, bien que Gomis tienne systématiquement le romanesque à bonne distance pour se concentrer sur la nature profonde de ses protagonistes qui reflètent les évolutions générationnelles, notamment dans les rapports de couple. Le film accorde une place importante à la musique de jazz supervisée par Thibault Deboaisne qui le rythme.
I Understand Your Displeasure (Ich verstehe Ihren Unmut) de Kilian Armando Friedrich (Panorama)
Fiction. 1h33
La patronne d’une entreprise de nettoyage, Heike Kamp, règne sur des employés immigrés avec un mélange de dureté et de compassion face à des clients toujours plus exigeants et sous pression eux aussi. Elle tire le diable par la queue mais défend ses employés comme une mère. Vadim qui lui fournit de la main d’œuvre la pressure. Son employée Martina lui fait défaut, mais personne ne peut la remplacer. Elle nettoie elle-même une crêche sans aucune aide. Son compagnon, Detlef, l’attend en lisant. Elle charge un employé de la concurrence pour vol de produit d’entretien afin de garder le contrat. Sa propreté est mise en cause. Ses employés sont harassés. L’une d’elles s’est assoupie dans la salle de pause. Les clients se plaignent. Martina tente d’enrayer une grève. Mina, une jeune employée, refuse de céder aux pressions. Elle se rend à une fête improvisée en plein air (“Bella ciao”). Elle contraint Detlef à nettoyer la crèche : il la voit au travail et réalise ce qu’elle endure. Heike et Martina nettoient une boutique de vêtements. Detlef se fait insulter par la directrice de la crèche qui retire le contrat à Heike. Des employés fêtent un anniversaire dans un gymnase qu’ils doivent nettoyer. Heike rend les clés de ses clients et démissionne. Elle se baigne de nuit dans un lac. Elle organise une fête pour lancer sa propre entreprise de nettoyage industriel autogérée et invite ses collègues et employés à la rejoindre. Beaucoup refusent, mais ils viendront. L’office du travail la dissuade de mener son projet à bien afin de cotiser pour sa retraite. Elle se réconcilie avec Martina qui vient lui souhaiter son anniversaire. Vision très noire du monde du travail ubérisé où chacun défend sa peau pour survivre dans un univers déshumanisé où règne la loi du plus fort. Interprète prodigieuse et omniprésente (Sabine Thalau) : c’est son premier rôle.
London de Sebastian Brameshuber (Panorama)
Fiction. 2h02
Bobby, un chauffeur septuagénaire, conduit entre Vienne et Salzbourg (350 km) des clients avec lesquels il noue des relations éphémères. Un jeune homme en uniforme auquel il raconte son passé militaire en champ-contrechamp. Ce huis clos très bavard repose sur ses interprètes dont les propos compose une sorte de vue en miniature de notre société européenne limitrophe de la guerre. Le chauffeur questionne une jeune femme dont le modèle est la sœur à laquelle elle est très liée. Bobby confie à un autre de ses passagers dont le père est routier rendre visite à son ami Arthur hospitalisé dans le coma à Salzbourg. Les clients défilent et se confient. Le conducteur le plus souvent filmé de profil semble s’imprégner de leurs récits et de leur vécu. Une femme se confie pendant que son mari et son bébé dorment sur la banquette arrière. Bobby énonce des considérations sur tout, s’épanche sur sa famille et décrit son père comme un amateur de bière ressemblant à Orson Welles dans Le troisième homme. Il se rend à l’hôpital, puis embarque une jeune Roumaine, Anca, qui doit prendre un bus pour Bruxelles. Bobby secoure un ami en panne. Il s’intéresse aux autres, mais apparaît assez peu payé de retour. Un client lui propose de faire un détour afin d’admirer deux ponts de Salzbourg construits sous le Troisième Reich et l’emmène sur un chantier. Tandis que la radio évoque la menace de la guerre, une cliente raconte la fuite de sa famille hors d’Ukraine, puis évoque les nouveaux rapports amoureux et Tinder. Bobby plaide quant à lui pour la liberté et raconte ce que c’est de vieillir : lui se lève de plus en plus tôt pour profiter de la vie. Quant à London…
Paradise de Jérémy Comte (Panorama)
Fiction. 1h30
I. Le bateau.
Au Canada, un skater de la famille Paradise, Antoine, reçoit un colis envoyé du Ghana. Il prend en photo sa mère, Chantal Paradis. Celle-ci discute avec son amant qui est en bateau, au large de l’Afrique où une tempête éclate. Un jeune homme part en barque à la recherche de son père, puis se retrouve sur une plage. Au large, un pétrolier est en flamme. L’amant capitaine, Scott Caswell, était à bord. Il dit avoir été sauvé. Le fils se drogue et délire, puis réclame de l’argent à sa mère. Elle lui révèle sa liaison et affirme ne pas connaître son père qui était américain. Elle a prêté une grosse somme au capitaine qu’écouter le jeune homme qui l’a recueilli.
II Le capitaine.
Le jeune Africain appartient à une bande de brouteurs qui piègent des femmes occidentales et distribuent des billets aux plus déshérités. Il a des visions de flammes. Chantal Paradis qui est professeure de yoga s’est fait abuser par son prétendu capitaine depuis le Ghana. Elle a perdu 40 000$. Son fils la console. Elle appelle son correspondant qui lui avoue se prénommer Kojo et que tout ce qu’il lui a dit est vrai. Il lui promet de la rembourser et l’incite à venir le rejoindre, puis lui envoie des fleurs que le fils réceptionne avant de conseiller à sa mère de lui tendre un piège. Le brouteurs ont provoqué une vague de suicides au Canada. Kojo rend visite au chef de son réseau qui lui explique comment faire fortune. Antoine part en Afrique à l’insu de Chantal.
III Le feu
Au Ghana, Antoine va au commissariat pour localiser Kojo, mais il se heurte à un refus d’enquêter et c’est lui qui est repéré. Il se voit proposer de travailler pour les brouteurs et se fait raisonner par le frère aîné de Kojo en se méprenant sur son identité, puis s’enfuit dans la jungle. Il vole un cyclomoteur et a un accident. Kojo alerte sa mère. Sous kétamine, il se revoit enfant dans les bras de sa mère.
Premier long métrage d’un cinéaste canadien dont le court Fauve a été nommé à l’Oscar. Plusieurs récits parallèles. Le film rappelle par son sujet Seules les bêtes de Dominik Moll, avec pour fil rouge la quête d’un père, Kojo guidant Antoine vers l’apaisement.
Raging (Rumaragasa) de Ryan Machado (Panorama)
Fiction. 1h27
Un adolescent de 13 ans qui vit dans la jungle, Eli, est suspendu à sa radio. Des chasseurs passent alentour. Son voisin lui demande de veiller sur sa maison pendant son absence. Un avion s’écrase pendant la mousson. Il part à sa recherche dans la montagne. Une fête se prépare à l’école locale. Eli cherche Fernando qu’il soupçonne d’avoir pris son Walkman. Il rêve qu’il est prisonnier dans la boue. Son père, Manuel, le réconforte. Il se promène avec Jopay, un ami d’enfance trans, garçon devenu fille. Privé de radio, Eli semble perdu. Il va signaler aux autorités l’accident d’avion survenu sur le mont Guiting-Guiting, mais personne ne le croit. Fréquents mouvements de caméra. Eli part seul à pied et progresse dans une jungle en proie à la déforestation. Le maire visite le chantier d’une future route dont le chef du gang, Arjo, assure la sécurité. Il retrouve son Walkman dans la boue. La nuit, il délire. En fait, son père est mort et il ne s’en remet pas. Il finit par retrouver seul un morceau de l’avion et croise au retour Arjo qui erre ivre, lui prend son arme et le menace, tandis qu’un orage violent éclate. Eli se lave dans une rivière, comme pour se purifier. Musique concrète.
Un hiver russe de Patric Chiha (Panorama)
Documentaire. 1h27
Révélé par le Teddy Award qu’il a obtenu lors de la Berlinale 2020 pour Si c’était de l’amour, le cinéaste autrichien installé à Paris Patric Chiha signe son troisième documentaire après une adaptation remarquable de La bête dans la jungle (2023). Témoignage humain très humain sur un groupe d’exilés russes contraints de vivre en autarcie, faute de réussir à se faire accepter dans leur pays d’adoption. Début sous la forme d’images de propagande stylisées : défilé de véhicules militaires et de drapeau frappés du mot “Victoire”. Un jeune homme ancien membre d’un groupe de musique punk confie son statut d’errant dépourvu d’avenir. Couleurs saturées. Une jeune femme est cramponnée à son portable pour avoir des nouvelles de son pays. Images de leur jeunesse “insouciante”. On mesure l’évolution des mœurs. Ils se définissent comme pacifistes et trouvent cette guerre absurde. Ils ont décidé de fuir et de se retrouver en Turquie. Ils vivent pour la plupart en France et communiquent en visio avec ceux qui n’ont pas obtenu leur visa. Margarita, partie en mars 2022, a été arrêtée pendant une manifestation et a choisi ensuite de voyager. Elle dit attendre et apprendre le français. Un autre a transité par la Géorgie avec d’autres réfugiés. Un autre a changé son apparence au moyen de l’IA. Un autre raconte occuper ses insomnies à regarder les soldats ukrainiens se filmer en GoPro en train de combattre dans les tranchées. Plans de train roulant dans la neige. Un autre est parti sur un coup de tête sans prévenir sa famille. Son père s’est enrôlé dans la division Wagner puis dans l’armée régulière et a été tué. Il rêve parfois de lui. Tous restent cloîtrés. Ils vivent pour la plupart près de la station Front Populaire et se promènent aux alentours, porte de Bagnolet. L’un d’eux, Phillip, est issu d’une famille de prisonniers politiques qui est paradoxalement favorable à la guerre. Ils aimeraient rentrer en Russie sans plus avoir peur. Deux femmes ukrainiennes ont même félicité Margarita pour son attitude. Elle affirme qu’elle n’avait pas d’autre choix, évoque la peur et la honte. L’un d’eux attend l’héritage de son père mort au front qu’il ne peut pas toucher de l’étranger. Ils organisent une fête déguisée pour l’anniversaire de Margarita. Elle se rend à Istanbul pour vider les consignes où elle a entreposé ses biens. Toute une vie dans quelques casiers qui fait couler ses larmes trop longtemps retenues. Portrait saisissant d’une jeunesse perdue qui ne parvient pas à s’intégrer et survit davantage qu’elle vit.
Doggerland de Kim Ekberg (Forum)
Fiction. 1h16
Film suédois en noir et blanc photographié par le réalisateur. Un quadragénaire d’origine indienne, Alf, vivant avec sa mère (blanche), Monica, ramène des copains chez lui. Elle lui reproche de traîner avec des bons à rien. Son ami Steffan lui vante les mérites de son camping-car. Ils jouent ensemble au diabolo, tandis que la mère joue comme gardienne dans une équipe senior de hockey sur glace. Ils cuisinent ensemble. La mère visionne un film en 8mm. Un homme et deux femmes boivent. L’une d’elles discourt de l’importance des syndicats pour les travailleurs : il s’agit d’une pièce de théâtre sociale et féministe interprétée par une ex d’Alf. Des réfugiés chiliens évoquent la dictature et le chanteur assassiné Victor Jara. Alf part en train. Il joue à un jeu vidéo avec une femme et une enfant. Elle lui tire le tarot. Il assiste à une conférence d’un cinéaste amateur. Images de home movies d’une aïeule musicienne : la mère de sa mère ? Alf et Steffen prennent la route en camping-car et roulent jusqu’à la Méditerranée. La mère regarde des photos de son fils qui lui manque déjà. Quand il rentre de vacances, ils repartent ensemble à la campagne cette fois. Il marche au ralenti seul dans une forêt et cueille des fleurs des champs. Nuit d’orage. Ils se retrouvent au petit déjeuner dehors et mangent sans parler, puis vont se promener en silence. Il se demande ce qui ne va pas, elle lui répond qu’elle s’inquiète qu’il ne trouve pas d’emploi stable. Ils renouent à travers des propos superficiels et, en pleine nuit, elle lui parle du passé. Un film comportemental sur la solitude influencé par Wenders première période. Beaucoup de plans de coupe. Souci esthétique appuyé.
Eight Bridges de James Benning (Forum)
Documentaire. 1h22
Huit ponts américains cadrés en plan fixe pendant une dizaine de minutes chacun. Du pur cinéma minimaliste et expérimental qui en devient hallucinogène et nous contraint à nous cramponner à des détails. Un peu comme quand on fixe longuement un tableau et croit le voir bouger. Ce film nous propose avant tout une aventure visuelle plus que sonore. Il relève de l’Oulipo cinématographique. Le générique de fin égrène les noms des ponts comme s’il s’agissait d’acteurs. Ce genre de cinéma, Andy Warhol l’a poussé dans ses ultimes retranchements avec une toute autre audace… il y a soixante ans. James Benning n’est qu'un pâle copiste, sans doute doté d'un solide esprit de contradiction qui ne constitue en aucun cas en soi une véritable écriture cinématographique. Eight Bridges aurait sans doute tout aussi bien pu être tourné par des caméras de surveillance, tant son intervention humaine se trouve réduite à sa plus simple expression. Comme ce regard nécessaire qui caractérise un film dans sa plénitude.
Everything Else is Noise (Lo demás es ruido) de Nicolás Pereda (Forum)
Fiction. 1h10
Des voitures se croisent au beau milieu d’un carrefour au Mexique sur un air de violon. Teresa, une violoniste, voit débarquer au beau milieu d’une répétition un voisin qui lui demande de jouer de son instrument l’après-midi au lieu du matin car elle importune le nouveau-né de ce couple en télétravail. La femme est victime d’une coupure d’électricité. Elle reçoit Rosa Esquivel, une amie compositrice qui vient se faire interviewer chez elle par deux hommes dans le cadre d’un documentaire. Elle est mal à l’aise. L’entretien dérive vers le thème du patriarcat. Tere s’immisce malgré elle dans la conversation et vante son odorat comme une source d’inspiration, puis Luisa, la fille qu’elle a eue à 17 ans d’Estévez, un de ses professeurs au conservatoire, elle-même étant devenue à son tour compositrice. Elle traîne en pyjama dans l’appartement pendant l’entretien. Les journalistes demandent à tout refaire en intégrant d’emblée les trois femmes. L’électricité est coupée à nouveau, puis revient. Le réalisateur évoque son premier long métrage en préparation. Les nuisances sonores empêchent le tournage. L’ingénieur du son va convaincre le voisin (celui du début) de faire taire son chien qui ne cesse d’aboyer. Luisa joue un morceau de musique concrète au violoncelle devant les quatre autres les yeux fermés. Le réalisateur lui propose de composer la BO de son premier film. Le soir même, dîner à la bougie, faute de courant, des deux femmes avec Estévez. L’électricité revient puis est à nouveau coupée. Le réalisateur vient chercher des batteries qu’il a oubliées et se joint à eux, pendant que l’ingénieur du son l’attend en bas. Tere est réjouie, Luisa agacée et pleine de ressentiment à l’égard de ce père mégalo et distant. Elles éclatent de rire en écoutant la conversation des deux hommes, l’un flatteur, l’autre imbu de lui-même à la veille d’un hommage solennel qui doit lui être rendu. Le propos du film est noyé dans des artifices inutiles et sans issue.
Forest Up in the Mountain (Bosque arriba en la montaña) de Sofía Bordenave (Forum)
Documentaire. 1h32
En 2017, Rafael Nahuel alias Peñi Rafa, membre de la communauté Mapuche, a été abattu par la police au cœur de la forêt amazonienne. Une énigme sur fond de lutte pour les droits civiques qui dépasse ce cas individuel dans un contexte abrasif. Le film mène une véritable enquête, investit le lieu du crime et pointe tous les indices, au cours d’une reconstitution destinée à faire éclater la vérité aussi sereinement que possible. Ce fait divers est avant tout un assassinat politique dont les responsables doivent écoper d’une condamnation exemplaire pour ce qu’ils incarnent. En 2023, le procès se déroule partiellement en visio, l’écran étant séparé en quatre comme dans une séquence filmée en split screen. L’atmosphère est tendue. On revient sur les coutumes des Indiens Mapuche et les dommages qu’a engendré leur intégration dans la société argentine où les enfants ont été envoyés en pension pendant que les terres étaient colonisées. Simultanément, la forêt primaire a été remplacée arbitrairement par des pins plantés mais dénués d’entretien pendant quarante ans, jusqu’à leur abattage, en bouleversant des coutumes ancestrales et leur rapport particulier à la nature et notamment aux animaux. Quelle est la légitimité pour les forces de l’ordre de tirer à bout portant avec des armes léthales sur des personnes a priori inoffensives ? Les contingences techniques font monter la tension. Sur le plan historique, la mémoire orale perpétue une histoire que l’État argentin a consignée par écrit : certificats de baptême et de mariage, puis recensement et état-civil témoignent de la fragmentation des familles et des déplacements de population. Certains Mapuche ont été envoyés dans des camps de concentration. La musique punk a uni certains Mapuche qui en raffolent et ont monté des groupes rebelles en reconstituant l’esprit d’une nation disséminée par le temps. Le juge dénie à la victime le droit d’être décrite devant la cour, comme si les Mapuche n’étaient pas êtres humains à part entière. Cette histoire douloureuse s’inscrit ainsi dans une longue lignée de films qui entendent exprimer les revendications des populations autochtones dépossédées de leur identité par les colons.
Ghost in the Cell de Joko Anwar (Forum)
Fiction. 1h46
Un journaliste indonésien rend un article sur des ouvriers assassinés dans des conditions atroces dans une forêt de Bornéo, la Nehea, où il s’est rendu. Son rédacteur en chef lui reproche de faire du sensationnel alors qu’il est spécialiste d’économie et s’était engagé à dénoncer la déforestation sauvage dans laquelle est impliqué le fils du vice-président. Le rédacteur chef est assassiné dans son bureau et accroché à un ventilateur. Des prisonniers sont battus et humiliés. Un caïd se rebelle. Une bagarre éclate au réfectoire. Deux enfants rendent visite à leur grand frère détenu, le journaliste du début. Un film complaisant et violent sur l’univers carcéral comme on en a beaucoup vus. Quand un meurtre atroce est commis sur un certain Tokek, certains prisonniers croient la prison hantée par son fantôme. Le gardien-chef les prive de repas pour que le coupable se dénonce. Un autre home est taillé en pièces dans la cuisine. Le rituel est atroce et spectaculaire. Ils concluent que ceux qui dégagent une énergie négative sont sacrifiés systématiquement par une aura de couleur rouge. Un cours de danse est assuré par un taulard maniéré. Les combats sont spectaculaires. Un caïd appelle à l’unité. Le suspect est menacé d’être lynché. Il devient fou et déclenche une bataille rangée. Les gardiens interviennent. Un prisonnier invoque Alfred Adler. Le chef des gardiens est tué par le fantôme après avoir imputé les crimes aux détenus. Un commando d’élite est envoyé dans la prison. Ils incendient le bloc C supposé abriter l’entité où est détenu un prisonnier important qui refuse d’être transféré. Un politicien est tué par sa version jeune qui lui reproche d’avoir changé. Son cadavre devient un élément d’une statue de chair. Les gardiens sont arrêtés et incarcérés, le journaliste est innocenté.
Lust de Ralitza Petrova (Forum)
Fiction. 1h17
Des prisonniers d’un établissement de haute sécurité américain sont rassemblés dans une salle de conférences. Une femme, Lilian, psychologue criminelle installée aux États-Unis, s’adresse à eux en visioconférence depuis la ville européenne où elle a dû se rendre, alors que ses commanditaires l’imaginent à… New York. L’appartement de son père est décoré de statues. Deux hommes y pénètrent dont son frère. Elle se rend à la morgue pour reconnaître le corps de son père biologique mort six mois plus tôt dont le corps est trop décomposé pour qu’elle puisse l’identifier. Elle se rend chez un avocat pour refuser l’héritage qui consiste en un remboursement de crédit. Elle masturbe un inconnu croisé dans un sauna, puis se fait masser. Elle est dépressive et envisage de se suicider avec un des fusils de chasse de son père, mais n’en a pas le courage. Son frère envisage de vendre l’appartement et son contenu, mais elle le chasse. Elle prévient sa mère à qui elle reproche de l’avoir abandonnée. Elle prodigue des conseils à un prisonnier et demande à voir le corps de son père. Elle consulte des images extrêmes, puis fait changer les serrures de l’appartement et s’y installe. Son ami Alex vient nourrir le serpent. Elle lui demande de la ligoter. Il la suspend au plafond, elle fait une prière et délire, avant d’être détachée par une amie. Elle assiste seule à la crémation de son père.
Panda de Xinyang Zhang (Forum)
Fiction. 2h26
Étude de mœurs chinoise en noir et blanc. Une foule débarque d’un ferry à Nanjing. Plans très longs. Panoramique sur une vaste baie du Yanghtze. Des gens de tous les âges se prennent en photo en surplomb d’un pont. En contrebas, un homme empêche un punk de se jeter du parapet. Ailleurs, un plongeur en combinaison se jette à l’eau et nage. Une fille porte un sac lourd dans le sous-sol d’une galerie commerciale rudimentaire et s’installe dans une échoppe où un homme l’agresse. Plus tard, elle séparera deux gamins qui se battent. Un chien passe d’un endroit à l’autre et avale la prothèse d’index et l’alliance d’un boucher qui le retrouvera au sommet d’un immense escalier et récupèrera sa bague. Le plongeur gisant sur la plage au bord du Yanghtze est secouru par un homme qui l’héberge dans sa casse automobile et le soigne : le rescapé dit venir du paradis. La police comptabilise les suicides dans le fleuve. Une femme en secourt une autre que son mari a frappée. Deux hommes dans ce qui semble être un taudis où ils sont reclus en quarantaine. Un robot erre dans un sous-sol. Un érudit discute avec le punk qui semble venir d’ailleurs et le rappelle à la raison en lui expliquant qu’on doit accorder autant d’importance à la mort qu’à la vie. Il lui conseille de présenter sa candidature pour un emploi de serveur à bord d’un bateau. Dans la décharge à ciel ouvert, le suicidé et son sauveur s’apprivoisent, il lui tatoue des idéogrammes sur le visage et le précipite à l’eau, alors qu’il prétend qu’un dragon y vit caché. Plus tard, il erre en traînant derrière lui un chapelet de bouteilles en plastique et joue les oracles. Une jeune femme nourrit une biche. L’image prend fugitivement des couleurs pour suivre la brigade fluviale. Un couple transporte une statue sacrée dans une pagode à bord d’un fauteuil roulant. Une femme donne un concert karaoké sur une plage déserte où la rejoint le clochard céleste qui retrouvera ensuite son groupe dans les égouts, surveillés de l’extérieur par des agents d’entretien. Un panda déguste une pousse de bambou sous les yeux d’un poète qui lui adresse un texte ésotérique. Travelling final sur une fresque et la muraille de Nanjing. Le film semble conçu comme une toile d’araignée naturaliste où quelques destins se croisent et se rejoignent dans un mélange saisissant de décadence et de modernité à deux voix et décousu de fil blanc. Ce happening nostalgique d’un symbolisme assez abstrait et souvent nébuleux se positionne à la lisière du cinéma du réel, mais n’affirme pas vraiment d’enjeu clair malgré quelques très belles images et une eau omniprésente.
Piedras preciosas de Simón Vélez (Forum)
Fiction. 1h10
Un ouvrier agricole travaillant en France retourne dans son pays pour exécuter une mission périlleuse à la demande d’un couple de notables, les Chiara : dérober une émeraude. Il est coiffé et vêtu comme Robert de Niro dans Taxi Driver. Il prétexte ne pas pouvoir rentrer chez lui, mais ses commanditaires ont tout arrangé. Il quitte sa petite amie française qui retire de l’argent pour son voyage et va chez le coiffeur. À son arrivée, il est accueilli par une jeune femme qui lui remet un revolver et lui donne ses consignes. Il se fait passer pour un prêtre afin de s’introduire dans l’église de Manrique où se trouve la couronne de la vierge qui comporte la pierre précieuse. Tout le monde le met en garde : son curé est réputé pour sa brutalité. Il s’y rend en téléphérique. Une serveuse doute de son identité. Il vole un pick-up pour finir son voyage et surveille le père Patricio et l’abat à bout portant avant de voler l’émeraude et de repartir. Une pénitente lui demande de la confesser et lui avoue avoir tué le père de son bébé en lui demandant de faire disparaître le corps. Elle le paie en retour. Il flâne en cherchant une tenue civile, achète un survêtement rouge et abandonne sa soutane. Il fait estimer l’émeraude par un joaillier qui comprend qu’elle a été volée. Il fait du taï-chi dans un parc et déjeune avec deux filles. De retour à Paris, il échafaude des projets fous avec sa petite amie. Deux chiens le trouvent gisant dans un fossé, tandis qu’un avion traverse le ciel. Rêve ou réalité ? Le mot fin s’inscrit à l’écran. La réalisation force sur les plans de coupe : pierres précieuses, fleurs et oiseaux qu’il dessine. Le film emprunte sans cesse des détours sans s’attarder sur les scènes clés et en développant les moments creux et en traitant le meurtre sous forme d’ellipse. Résultat, une expérience sensuelle et tactile envoûtante et prometteuse.
Beaucoup parler de Pascale Bodet (Forum Special)
Documentaire. 1h18
Égyptien aux yeux verts réfugié à Paris depuis 2004, dix-sept ans plus tôt, Amr Hanafy part en quête d’un permis de séjour. Il vit dans un 13 m2 et travaille sans être déclaré, ce qui nuit à son dossier de demande d’asile. Il a besoin pour cela de récupérer des témoignages de moralité, mais n’ose rien demander. C’est une victime du système. Il n’est pas assidu aux cours de français en raison de ses angoisses. Il va consulter un avocat qui va l’aider à accélérer la procédure. Il a fait un an de prison à la suite d’une erreur judiciaire avant d’être indemnisé. Ses amis témoignent de son vécu et de sa probité. Au bout d’un an, rien n’a changé car il n’a toujours pas appris le français et tout le monde profite de lui pour lui confier les tâches dont les autres ne veulent pas. La réalisatrice présente Amr à Naïma pour qu’elle lui apprenne la langue. Il finit par obtenir une carte de séjour temporaire et travaille comme boulanger. Il suit des cours avec d’autres migrants. Un film qui a d’autant plus de cœur qu’il constitue l’aboutissement d’une longue amitié entre la réalisatrice et son sujet.
The River Train (El tren fluvial) de Lorenzo Ferro et Lucas A. Vignale (Perspectives)
Fiction. 1h15
Milo, 9 ans, vit dans un village traditionnel d’Argentine où il apprend une danse folklorique patrimoniale, le malambo, qui mêle virilisme et claquettes, dans un costume de gaucho, mais rêve (en noir et blanc) de prendre le train pour Buenos Aires. Son père est un pur macho qui l’entraîne et s’abrutit devant des sitcoms, assis entre sa femme et sa fille aînée. Il remplace une tapisserie de Jean Paul II par un paysage peint. Mise en scène descriptive. Les personnages parlent peu, mais échangent des regards. Les parents et la fille s’endorment à table. Milo se moque d’eux. Un homme coiffé d’une couronne d’épines écoute la radio en survêtement : c’est l’entraîneur de football. Scènes burlesques. Milo voyage en train jusqu’à Buenos Aires. Il vole le casque d’un homme assoupi et entend une voix lui donner des conseils pour manger et se loger. Il croise des personnages burlesques et décalés. La grande ville et ses tentations vues par un enfant. Il vole de quoi manger, dort avec un judoka et un handicapé qu’il a rencontrés, croise des apprentis-comédiens et prend part à une audition théâtrale avec d’autres enfants. Il adresse à un bébé les mots que lui serine son père et le calme. Il raconte à la directrice de casting qu’il est chasseur et vit à 120 km de là. Sous l'apparence d’un film pour enfants se cache une réflexion intéressante sur le poids des traditions et la difficulté qui empêche certaines personnes de prendre leur destin en main pour conjurer une fatalité écrasante.
Black Burns Fast de Sandulela Asanda (Generation 14+)
Fiction. 1h40
Au rythme d’une année scolaire, les élèves de couleur d’un lycée huppé accueillent une nouvelle, Ayanda Khuvalo, et la briefent sur le fonctionnement et les conventions des lieux. Une vision alternative de l’Afrique du Sud post-Apartheid. Luthando qui n’a qu’une amie, Jodie, tombe amoureuse de la novice qui semble lesbienne et découvre sa véritable nature. Une femme pasteur enseigne la sexualité en enfilant un préservant sur un concombre. La mise en scène résolument pop use d’emojis et de sons de jeux vidéo. Comédie féministe et générationnelle. Les enseignants sont blancs, la plupart des élèves de couleur. Elles s’aventurent de nuit sur le campus, puis dansent en uniforme dans un surplus de prêt-à-porter où elles cherchent de quoi séduire. Luthando se fait présenter un garçon qui fait vaciller ses certitudes quant à ses inclinations. Un vieux professeur leur enseigne les danses de salon. Elles échangent des joints entre copines, puis leur premier baiser qu’Ayanda se croit obligée de diffuser sur les réseaux sociaux à l’insu de Luthando. Le proviseur les rappelle à l’ordre et les accuse de nuire à la réputation de son établissement.
The Lights, They Fall de Saša Vajda (Generation 14+)
Fiction, 1h27
Dans la banlieue de Berlin, quatre hommes débarquent d’un pickup avec un chien dans une étendue désertique et y plantent des arbustes en pot. Une infirmière à domicile prend soin de Maria qu’elle soigne avec dévouement. Des jeunes gens discutent de leurs conquêtes. Mosaïque humaine : plusieurs de ces personnes ont en commun un besoin d’être soignées et entourées pour faire face à leurs responsabilités familiales et professionnelles. Un film choral en 16 mm. Tous ces gens donnent l’impression d’être seuls ensemble, chacun dans sa bulle. Deux boxeurs s’entraînent dont Ilay, employé dans un entrepôt. Un orage éclate pendant que les jeunes gens sont partis se baigner. Ilay s’éloigne du groupe, puis se rend au chevet de Maria, sa mère, qui ouvre les yeux à son contact sans qu’il le réalise. Moralité : l’amour est plus fort que la mort et la compassion redonne un sens à la vie. Film taiseux et nébuleux qui ne dit au fond pas grand-chose de la compassion.
Don’t Come Out (No Salgas) de Victoria Linares Villegas (Generation 14+)
Fiction. 1h46
À la suite d’une violente dispute, Victoria poursuit à pied Sarah sur une route de nuit et se réfugie dans sa voiture où sa mère vient la rejoindre et la frappe. Ses yeux sont révulsés, elle semble sous l’emprise d’une force qui la dépasse et poursuit sa fille terrifiée, lui entaille profondément la jambe, puis l’égorge. Elle se suicide dans la foulée, laissant libre cours à toutes les supputations. Des jeunes flirtent dans un bar où Liz essaie d’oublier la mort de sa petite amie, puis succombe aux avances de sa copine Wendy en voiture, ce qui leur vaut d’être interpellées par la police et emmenées au poste. De retour chez elle, Wendy trouve son frère Angel changé en zombie, mais Liz ne réussit pas à la sauver. Elle officialise sa relation avec son petit ami, Carlos, vis-à-vis de ses parents et de ses camarades. Un week-end à la campagne avec ses amies Danielle et Laura est organisé en mémoire de Wendy au cours duquel leurs désirs les plus enfouis se déchaînent. Liz craque pour une certaine Jessie, tandis que deux hommes jouent les invités-surprise, Chico et Luis. Liz a des visions et fait des cauchemars dans lesquels elle se sent possédée. Elle se retient de passer à l’acte de crainte de nuire à Wendy et rompt avec Carlos. En proie à une crise d’angoisse, elle est réconfortée par Wendy lorsque se produit une coupure de courant pendant laquelle arrive Carlos qui décide de tout dire aux autres de la situation. Il semble possédé à son tour et jette Liz dans la piscine pour la noyer, mais Wendy le tue. L’électricité revient. Possédée à son tour, Dani se suicide et contamine Laura qui tire sur Liz et tente de la tuer jusqu’au moment où Wendy l’abat. Liz et Wendy s’enfuient et éliminent la dernière possédée. Ce film de République dominicaine joue sur la tradition du vaudou et des zombies pour détourner le Teen Movie traditionnel, en jonglant aussi avec les non-dits et les tabous. Travail particulièrement créatif sur le son.
Everyone’s Sorry Nowadays (Tegenwoordig Hery I iedereen Sorry) de Frederike Migom (Generation K+)
Fiction. 1h27
Bianca vit avec sa mère et son petit frère Alan dans une banlieue pavillonnaire, son père ayant refait sa vie avec une autre femme. Alors quand elle voit débarquer un camarade de classe d’Alan, Jazz, dont la mère n’est autre que son idole absolue, Billie King, une actrice de sitcom populaire, l’adolescente révoltée s’assagit le temps d’un bref instant. Tandis que dans sa rue, une fissure inquiétante s’agrandit à vue d’œil et que le tarmac se soulève sous l’effet de la canicule, elle rentre chez elle où Billie la tétanise par sa seule présence et où les garçons jouent à s’arroser. L’adolescente donne des vers de terre aux poules de la voisine entre deux intermèdes musicaux et chorégraphiques. Le jardin s’ouvre en deux et finit par séparer Bianca du reste de sa famille dans une image chargée de symbolisme qui semble aussi pointer la menace des désastres écologiques, histoire de donner à cette chronique familiale un supplément d'âme. Il en reste surtout une métaphore de la difficulté de grandir à l’âge ingrat qui n’est pas bien nouvelle.
The Fabulous Time Machine (A fabulosa máquina do tempo) d’Eliza Capai (Generation K+)
Documentaire. 1h12
Deux gamines de la campagne décident de dessiner une machine à remonter le temps sur le sol et conviennent d’explorer le passé, en questionnant leurs aînés sur la vie d’avant : comment vivait leur grand-mère, comment se sont rencontrés leurs parents ? Avec des camarades, ils miment certaines des scènes qu’ils leur ont racontées en se costumant. Affleure la puissance du patriarcat dans une société où les rôles des hommes et des femmes n’ont pas beaucoup évolué au fil des générations mais dont les femmes semblent se contenter sans chercher à les remettre en question. Dispositif habile pour un propos très instructif, les enfants reproduisant spontanément les schémas de leurs parents, foi religieuse incluse, ainsi que e l’attestent leurs cours de catéchisme. On perçoit que les traditions sont trop profondément ancrées dans les esprits pour les laisser évoluer. Il faudra sans doute encore plusieurs générations pour faire bouger les mentalités. Une fille déguisée en prêtre tente de faire réagir ses copines. Scènes chantées où se disent des choses importantes. Les petites filles évoquent l’adolescence et l’éventualité de leurs premiers règles sans vraiment savoir quoi en attendre. On perçoit que l’âge adulte est encore lointain. Certaines filles plus mûres ont quitté le groupe. Ils s’amusent à projeter des ombres chinoises sur un mur. Alice, 13 ans, répond aux questions qu’ils se posent en feignant de réaliser un reportage télévisé. Elles lisent à haute voix un manuel de sciences naturelles sur la puberté de la classe suivante, la sixième qu’elles paraissent redouter. Elles évoquent leur futur métier. Avec un maître mot : bien travailler en classe. On perçoit leur conditionnement social précoce. Elles se déguisent en dames et s’interrogent : le futur existe-t-il vraiment ?
Papaya de Priscilla Kellen (Generation K+)
Animation. 1h14
Une petite graine égarée dans un univers impitoyable va à la rencontre du monde. Ce film d’animation brésilien en papiers découpés et sans paroles s’avère particulièrement expressif. Sa vie intérieure psychédélique éloigne ce petit rond noir du sein maternel et lui vaut d’être recueilli par un palmier compatissant. Les racines sont vivantes. Les graines sont confrontées à des coccinelles et deviennent des boules de bowling ou toutes sorte de balles et de billes. Une averse réjouit nos amis qui croisent grenouille, ver de terre et escargot dans une mare, tandis que des filaments leur poussent qui annoncent une métamorphose. La bande son mêle quant à elle des babillements enfantins, une musique syncopée et quelques borborygmes incompréhensibles. Passe une sauterelle qui donne des fourmis dans les jambes à notre petit héros qui invente une variante du saut à la perche, puis croise un mille-pattes. Dotée de fines ébauches de pattes, il se retrouve prisonnier d’une toile d’araignée et rencontre des akènes de pissenlit en vadrouille qu’on croirait échappées de Planètes. Un film d’apprentissage aussi drôle que poétique dont le rythme et les couleurs sont particulièrement adaptés aux plus jeunes des spectateurs. Les racines rencontrent la terre et s’enfoncent, tandis qu’une punaise règle la circulation au rythme de la samba. Il se laisse dériver sur une feuille, croise des vaches et des engins agricoles, puis traverse des champs de tomates, de melons et de radis cultivés en batterie dont l’arrosage engendre des arcs-en-ciel. Il se trouve confronté à un vol de sauterelles et à un avion d’épandage, puis se retrouve dans une usine qui produit des plantes en pot avant d’échouer dans une décharge. Arrivé en ville, il découvre des animaux inquiétants : scorpion, rats, vers et limaces. Avec à la clé sa propre transformation en… papillon et un nouveau regard sur le monde.























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