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“Reminders of Him” de Vanessa Caswill



Film américain de Vanessa Caswill (2026), avec Maika Monroe, Tyriq Withers, Rudy Pankow, Lauren Graham, Nicholas Duvernay, Bradley Whitford, Lainey Wilson, Zoe Kosovic, Jennifer Robertson, Hilary Jardine, Jillian Walchuck, Anne Hawthorne, Skye MacDonald, Bud Klasky… 1h55. Sortie le 18 mars 2026.



Tyriq Withers et Maika Monroe



Une jeune femme revient dans la bourgade où elle a vécu après avoir purgé une peine de prison pour avoir conduit sous l’effet de stupéfiants et été jugée responsable de l’accident qui a entraîné la mort de son compagnon. Ce retour aux sources est justifié par son besoin de retrouver la fille dont elle a accouché en prison et dont la garde a été confiée aux parents de son père décédé. Quête douloureuse qui se heurte à une interdiction judiciaire. Soucieuse de se réintégrer dans la société pour se faire oublier, elle croise la route de celui qui était le meilleur ami du défunt. Dès lors, tout va s’emballer dans une sorte de confusion des sentiments… De ce pur sujet de mélo, Vanessa Caswill tire un film plutôt malin qui se joue des stéréotypes, en contourne certains et en assume d’autres dans ce qui ressemble à l’arrivée à un équilibre assez miraculeux. On imagine le parti qu’auraient pu tirer en leur temps d’un tel sujet des cinéastes tels que John Stahl ou Douglas Sirk. La réalisatrice se contente sagement de jouer le jeu sans essayer de tricher, en exploitant les moindres ressources du postulat de départ, tout en veillant à ce que la morale reste sauve. Le tout interprété par des tourtereaux passés par le cinéma d’horreur dont l’étoile montante rehausse la crédibilité, en l’occurrence Maika Monroe et Tyriq Withers.



Maika Monroe et Tyriq Withers



Quand on se trouve confronté à un tel film, il n’existe que deux attitudes possibles : soit on reste extérieur au propos et l’on ne compatit aucunement aux affres de cette mère séparée de la chair de sa chair, soit on joue le jeu et on se laisse porter par une histoire destinée à émouvoir dont on pressent qu’elle finira bien… ou très mal. Ici, la mécanique est plutôt bien huilée et il n’y a pas vraiment de méchants de nature à contrecarrer les projets de la jeune mère à qui son séjour en prison a permis de s’assagir et de mettre un terme à sa consommation de substances délétères. Un comportement exemplaire qui reflète le retour du puritanisme chez les ouailles Maga de Donald Trump, mais sert son sujet et le cheminement de cette jeune femme vers la rédemption après ce moment d’égarement qui l’a marquée au fer rouge. Bref, la morale est sauve et c’est sans doute là l’essentiel aux yeux du public américain auquel s’adresse en premier lieu le film. Son sujet s’inspire en outre du roman “Souvenirs de lui” de Colleen Hoover, devenue la nouvelle vache à lait de la romance provinciale avec Jamais plus - It Ends with Us et Regretting You, en attendant Verity déjà en boîte. C’est dire combien la production a tablé sur des valeurs sûres et évité la moindre prise de risque déraisonnable. Dès lors, le plaisir coupable qu’on peut prendre à un tel spectacle varie selon sa propension à accepter les règles de son parcours fléché, sans pour autant se sentir obligé de pleurer à chaudes larmes. Après tout, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas, à en croire le fameux aphorisme philosophique de Blaise Pascal…

Jean-Philippe Guerand



Maika Monroe et Tyriq Withers

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