I Swear Film britannique de Kirk Jones (2025), avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake, Peter Mullan, Scott Ellis Watson, Sanjeev Kohli, Adam McNamara, Steven Cree, Paddy Towers, Jason Alan Staines, Michael Cooke, Ellie McDowall, Paul Donnelly, Ruth Milne, Leah Macrae, David Carlyle… 2h01. Sortie le 1er avril 2026.
Robert Aramayo
En 1983, John Davidson a 13 ans et brille en tant que goal dans son équipe scolaire écossaise. Jusqu’au moment où il manifeste les premiers symptômes du syndrome Gilles de La Tourette qui le conduisent à proférer malgré lui des insultes et des insanités à tout propos et rendent son comportement en public pour le moins problématique, tandis que son avenir s’assombrit et menace de l’isoler donc de le marginaliser. Alors, quand son père abandonne le foyer familial, c’en est trop pour sa mère (Shirley Henderson) qui entre en dépression et ne supporte plus la présence de cet enfant terrible qu’elle considère comme responsable de tous ses malheurs. À la suite d’un concours de circonstances opportun, John retrouve un copain d’enfance dont la mère (Maxine Peake) attendrie par ses extravagances immaîtrisables décide d’accueillir comme un véritable fils prodigue ce garçon rejeté par tout le monde, elle-même luttant courageusement contre un mal incurable. Avec la même générosité que le gardien de gymnase bougon et excentrique (Peter Mullan) qui accepte de l’engager en dépit de ses écarts de langage et de ses réactions imprévisibles. Le film est en cela un hymne à la tolérance, à travers la description d’une maladie encore mal connue qui provoquait encore un rejet radical de ses victimes de la part d’une société conditionnée par l’ignorance et l’incompréhension.
Le plus extraordinaire est sans doute que cette histoire incroyable mais vraie fournisse la matière à un Feel Good Movie dans la plus pure tradition du cinéma social britannique, où tout est fou mais rigoureusement véridique. Y compris le fait que John deviendra le porte-parole des personnes qui partagent son handicap pas vraiment encore reconnu, contribuera à les faire sortir de leur solitude et se verra décoré par la reine Elizabeth II en personne pour avoir contribué à la reconnaissance de cette affection si invalidante. Avec à la clé une performance impressionnante de son interprète à l’écran, Robert Aramayo, un acteur de composition comme les Britanniques en ont le secret, récemment couronné du Bafta du meilleur espoir masculin pour son incroyable composition, et dont on n’a pas fini d’entendre parler, si toutefois on lui propose des rôles de nature à exprimer toute la gamme de ses possibilités. Le syndrome Gilles de La Tourette est une affection grave qui hypothèque la vie en société de ses victimes par la soudaineté et la violence de ses manifestations les plus imprévisibles. Plus fort que moi en expose intelligemment les conséquences et notamment le fait que son personnage principal n’arrive à s’entendre vraiment qu’avec des êtres eux-mêmes singuliers voire asociaux. Par sa volonté d’aborder une thématique délicate sans sacrifier la notion de spectacle, le réalisateur britannique révélé par Vieilles canailles et Nanny McPhee perpétue une tradition qui a fait ses preuves sans complaisance ni pathos : aborder un sujet très sérieux sous la forme d’un spectacle populaire où le rire et les larmes ne sont jamais bien loin les uns des autres, mais se gardent bien de prendre le spectateur en otage.
Jean-Philippe Guerand




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