Hoppers Film d’animation américain de Daniel Chong (2026), avec Piper Curda / Mallory Wanecque, Bobby Moynihan / Artus, Melissa Villaseñor / Melha Bedia, Meryl Streep / Frédérique Tirmont, Vanessa Bayer / Alison Wheeler, Dave Franco / Jean-Christophe Dollé… 1h45. Sortie le 4 mars 2026.
Élevée par sa grand-mère dans un respect inconditionnel de la nature, Mabel devenue adolescente découvre un jour que sa prof de biologie a mis au point une drôle de machine qui permet de transférer à volonté n’importe quelle conscience humaine à des animaux robotisés (les fameux Jumpers du titre) afin d’interférer sur leur comportement en se glissant incognito parmi leurs congénères pour les observer en toute impunité. L’étudiante endosse donc l’identité d’une femelle castor pour plonger en immersion parmi les animaux de l’étang de son enfance dont la survie est menacée par la construction d’une rocade d’autoroute qui implique la disparition de la clairière où est née sa passion pour la nature et par extension de la faune qui la peuple. Jumpers appartient à la catégorie des films d’animation Pixar qui s’appuient sur des élucubrations scientifiques sophistiquées, à l’instar de Vice-versa et Élémentaire. Reprenant le principe éprouvé de certaines comédies idéalistes de Frank Capra, il met en scène l’affrontement inégal d’une jeune écologiste romantique avec un maire prêt à tout pour obtenir sa réélection, y compris à vendre son âme au diable de l’immobilier. C’est l’éternelle lutte du pot de fer contre le pot de terre transposée dans le contexte d’un affrontement entre idéalisme et appât du gain. Un sujet très sérieux mais traité avec suffisamment d’imagination et de créativité pour captiver le public le plus large possible en distillant quelques vérités toujours utiles à rappeler dans un monde fou fou fou digne de Zootopie, exotisme en moins, où foisonnent les têtes couronnées.
Dans un cinéma d’animation en constante ébullition, le studio Pixar garde une longueur d’avance par sa capacité à développer des concepts sophistiqués en s’appuyant sur une panoplie technico-artistique d’une qualité exceptionnelle. Le réalisateur Daniel Chong dont c’est le premier long métrage s’est fait remarquer auparavant grâce à la série d’animation déjà désopilante “Ours pour un et un pour t’ours” (2015) qui mettait en scène un panda, un grizzli et un ours polaire. Dans Jumpers Mabel est une jeune fille de notre époque qui témoigne d’une solide conscience citoyenne, face à un capitalisme cynique et décomplexé qu’incarne un politicien aux allures de charlatan en quête de clics. La qualité du scénario s’explique par les éléments dont il s’est nourri, notamment le fait que la réintroduction d’une espèce animale spécifique peut s’avérer de nature à rétablir l’équilibre de l’écosystème ambiant dont les castors sont parfois considérés comme les ingénieurs. C’est dire combien le film s’est nourri de ces constatations qui contribuent à sa richesse et agrémentent d’une touche de pédagogie bien venue cette joyeuse immersion dans la peau de nos amis les animaux. Comme Pixar en a perpétué l’usage, la doublure vocale de plusieurs de ces animaux doués de déraison a été confiée à des experts, notamment plusieurs comiques du fameux “Saturday Night Live” et même la grande Meryl Streep en reine des insectes. Les Français ne sont pas en reste avec Mallory Wanecque, Artus, Melha Bedia et Alison Wheeler. Que du bonheur !
Jean-Philippe Guerand




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