Film américain de Sam Raimi (2025), avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien, Edyll Ismail, Dennis Haysbert, Xavier Samuel, Chris Pang, Thaneth Warakulnukroh, Emma Raimi, Bruce Campbell, Brad Flett… 1h54. Sortie le 11 février 2026.
Rachel McAdams
Employée modèle au service stratégie et communication, Linda a tout mis en œuvre pour obtenir une promotion au sein de son entreprise, quitte à lui sacrifier son épanouissement personnel. Alors quand son patron laisse son poste à son fils, elle croit son grand jour arrivé. Las, le nouveau venu lui préfère le plus ostentatoire des arrivistes. Mais le destin n’a pas dit son dernier mot. Et quand la jeune femme se retrouve avec son boss sur une île déserte à la suite d’une catastrophe aérienne grand-guignolesque, il n’y a plus vraiment de hiérarchie, mais elle semble nettement mieux armée pour survivre. On retrouve dans ce film à tiroirs tout ce qu’on a aimé chez le réalisateur prodige d’Evil Dead qui a confirmé son efficacité avec la trilogie Spider-Man. Le début ressemble à une comédie acide sur le monde impitoyable du travail. La suite relève du film catastrophe pour se poursuivre en une comédie sentimentale post-MeeToo plutôt féroce, dans une atmosphère entre Robinson Crusoë de Daniel Defoe, 6 jours, 7 nuits d’Ivan Reitman, la série Lost, et même Sans filtre de Ruben Östlund le temps d’une scène. Sam Raimi n’est jamais dupe de son sujet et c’est ce qui fait tout le charme de son film. C’est ainsi qu’il décline le thème éternel du couple comme chien et chat à sa façon, en donnant un net ascendant au personnage féminin campé par Rachel McAdams dans une composition au vitriol de vieille fille qui venge une vie entière d’humiliations, face au fils de famille inadapté à la situation qu’incarne Dylan O’Brien, l’ex-jeune premier du Labyrinthe, qui a été choisi pour jouer prochainement un rôle à haut risque : le mime Marceau.
Dylan O’Brien et Rachel McAdams
Rien de tel que deux personnages sur une île déserte pour alimenter tous les fantasmes et exacerber leur libido. Comme s’ils se trouvaient dans la situation d’Adam et Eve. De ce postulat qui a déjà beaucoup servi, le tandem formé par Mark Swift et Damian Shannon, sur lequel plane une nomination infâmante au Razzie Award 2018 du pire scénario pour la version cinéma de Baywatch : Alerte à Malibu, tire une mécanique de précision en pratiquant le mélange des genres. Sam Raimi y renoue avec sa passion de toujours pour le gore en jouant sur les ruptures de ton les plus imprévisibles. Avec comme fil rouge un humour à toute épreuve qui s’exerce souvent dans les circonstances les plus extrêmes voire parfois un mauvais goût assumé. Le film offre exactement ce qu’on peut en attendre, sans jamais ménager ses protagonistes dans un mano a mano permanent dont on fait mine de croire qu’il finira bien par aboutir à une idylle, comme dans maints classiques dont les héros se détestent cordialement… jusqu’au moment où ils finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre. Send Help tourne autour de cette injonction sans jamais vraiment lui céder. C’est sans doute ce qui fait tout le charme pervers de cette cohabitation forcée en très agréable compagnie. Dès lors, qu’importe la morale !
Jean-Philippe Guerand




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