Film français d’Anthony Marciano (2025), avec Jean-Pascal Zadi, Raphaël Quenard, Olga Mouak, Tracy Gotoas, Marlise Bete Ngadem, Gabriel Caballero, Yilin Yang, Djibi Diakhaté, Roukiata Ouedraogo, Alexis Baginama, Nathan Rippy, Jérémie Covillault… 2h01. Sortie le 18 février 2026.
Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi
Le Buddy Movie n’est pas vraiment une spécialité française. Il croise pourtant aujourd’hui la route du biopic à travers l’histoire incroyable mais authentique de deux copains passionnés de basket qui, à défaut de devenir eux-mêmes des champions de ce sport, vont s’improviser agents de joueurs et réussir à s’introduire sur le marché américain pour convaincre les clubs les plus prestigieux de la ligue professionnelle locale (la fameuse NBA) d’engager certains de leurs clients. Un parcours semé d’embûches que relate aujourd’hui Anthony Marciano dans un conte de fées moderne porté par des valeurs résolument positives. Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye sont campés à l’écran par Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi dont la complicité dans la vie réelle constitue un atout maître de ce film. C’est grâce à leur amitié à toute épreuve que ces lascars nonchalants transcendés par leur passion réussissent à aller au bout de leur rêve. Non seulement, ils sont capables de repérer des adolescents et même des enfants qui manifestent des dons précoces sur un terrain de basket, mais ils vont s’armer d’une patience infinie sans se laisser abattre par leurs échecs pour percer le secret de la NBA, cette forteresse américaine barricadée derrière ses certitudes dont les clubs refusent de s’ouvrir aux joueurs venus des championnats étrangers, sans comprendre que l’avenir leur appartient aussi et que la fameuse Dream Team alignée aux Jeux Olympiques de 1992 a suscité des vocations dans le monde entier.
Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi
Au-delà même de son sujet, Le rêve américain est bien davantage qu’un film sur le sport. On y voit d’ailleurs davantage de terrains d’entraînement en extérieur au pied des cités que de parquets prestigieux. Le basket est moins un enjeu sportif proprement dit qu’un secteur économique en expansion. Le sujet a à voir avec la passion partagée de ses protagonistes et le poids de leur sincérité et de leur enthousiasme face à une ligue professionnelle repliée derrière ses certitudes qui va devoir s’ouvrir à l’extérieur pour conserver son hégémonie. Le film se concentre sur les deux instigateurs de cette révolution, des Français naïfs mais déterminés qui vont s’accrocher à leur rêve pour venir à bout de tous les obstacles sur une période très longue qui en aurait dissuadé bien d’autres. Avec une arme absolue : leur amitié indéfectible quand tout semble s’effondrer autour d’eux. Anthony Marciano ne décrit ni un parcours sans faute ni une réussite linéaire, mais un chemin cahotique dont l’issue paraît jusqu’au bout indécise. Dès lors, cette belle histoire repose sur la complicité de ses héros malgré eux que campent à merveille Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard avec leur anglais approximatif et leur enthousiasme pétri de candeur qui ne les empêchent jamais de continuer à avancer, quitte à endurer des revers répétés et même des trahisons. La morosité de notre époque a vraiment besoin de héros aussi positifs. Le succès populaire prévisible de cette comédie ne manquera pas de le démontrer. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Il est peut-être là, le premier triomphe du cinéma français pour 2026.
Jean-Philippe Guerand




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