Jossain on valo joka ei sammu Film finlando-norvégien de Lauri-Matti Parppei (2025), avec Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno, Camille Auer, Kaisa-Leena Koskenkorva, Mari Rantasila, Jarkko Pajunen, Matti Mustonen… 1h48. Sortie le 4 février 2026.
Anna Rosaliina Kauno et Samuel Kujala
Il est des films dont la simplicité s’impose comme une évidence miraculeuse. Tel est le cas de La lumière ne meurt jamais, chronique des retrouvailles d’un flûtiste classique qui revient chez ses parents après une sévère dépression avec une ancienne camarade de classe adepte de la musique expérimentale. Le scénario est conçu comme une partition qui progresse au diapason de ses protagonistes. Sa mise en scène se caractérise par une incroyable douceur comme le cinéma nous en propose trop rarement, malgré le cadre plutôt austère du Sud de la Finlande où a grandi le cinéaste. Musicien lui-même (il chante dans le groupe Musta Valo), Lauri-Matti Parppei qui est aussi artiste-plasticien applique un tempo envoûtant à ce premier long métrage découvert au Festival de Cannes parmi le foisonnement enthousiasmant de la remarquable sélection de l’Acid. Son intimisme assumé va de pair avec une pudeur infinie qui s’appuie sur la personnalité de ses protagonistes et leur incarnation par deux acteurs bouleversants : Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno. Leur performance s’avère d’autant plus remarquable qu’ils surfent en permanence sur des non-dits qu’ils ne parviennent à exprimer qu’à travers leur passion commune pour la musique… même si ce n’est pas tout à fait la même.
Samuel Kujala
Les protagonistes de La lumière ne meurt jamais présentent la particularité de s’exprimer moins par les mots qu’ils échangent que par une communion artistique que le réalisateur définit comme une “ synthèse entre musique classique et musique alternative ”, tout en revendiquant l’influence du fameux Dogme 95 initié par Lars von Trier. Le tout dans un cadre économique exigu qui passe par une recherche et une invention constantes, à l’image des morceaux musicaux exécutés sur le plateau et enregistrés tels quels, comme d’authentiques morceaux de vie reproduisant une large gamme de sensations et de sentiments. C’est le cinéaste lui-même qui les a composés pour l’essentiel et en tire un parti très créatif, avec la complicité essentielle de ses deux interprètes principaux venus d’horizons très différents qu’il contribue à accorder comme des instruments par une direction d’acteurs tout en délicatesse. Ce film est l’aboutissement de sept ans de réflexion pour cet artiste polyvalent qui aime à se définir comme non genré et peut ainsi se projeter à parts égales entre ces protagonistes qui se retrouvent sur la scène musicale underground où Lauri-Matti Parppei dit avoir été confronté à des problèmes de santé mentale récurrents, tant ce milieu est soumis à des chocs émotionnels extrêmes par l’intensité de son immersion créative. C’est aussi l’expérience à laquelle nous convie par moments ce film prometteur qui joue à merveille des dissonances et des ruptures de ton.
Jean-Philippe Guerand




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