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“Is This Thing On ?” de Bradley Cooper



Film américano-britannique de Bradley Cooper (2025), avec Will Arnett, Laura Dern, Mark Chappell, Andra Day, Bradley Cooper, Amy Sedaris, Peyton Manning, Christine Ebersole, Ciarán Hinds, Sean Hayes, Chloe Radcliffe, Scott Icenogle, Jordan Jensen, Reggie Conquest, James Tom, Gabe Fazio, Blake Kane, Calvin Knegten, Derek Gaines, Matt Richards… 2h04. Sortie le 25 février 2026.



Will Arnett



Alors que son couple bat de l’aile, un quinquagénaire se retrouve malgré lui au sous-sol d’un bar new-yorkais où les consommateurs les plus téméraires s’essaient à l’art du stand-up, quitte à se prendre au jeu et à laisser s’exprimer leur personnalité. Au fil des soirs, encouragé par l’accueil du public, notre homme en crise retrouve confiance en lui et entrevoit la possibilité d’un nouveau départ sur de nouvelles bases. Ce sujet faussement minimaliste inspire à Bradley Cooper un troisième film a priori beaucoup plus modeste qu’A Star is Born (2018) et Maestro (2023), avec tout de même pour fil rouge son amour du spectacle. Il a écrit son scénario sur mesure avec et pour son interprète principal, Will Arnett, qui y campe un homme au milieu de la vie comme on en voit au fond assez peu dans le cinéma américain contemporain. Avec à ses côtés la toujours excellente Laura Dern sur un registre encore plus rare, les rôles de femmes mûres ne courant pas vraiment les écrans. Le principal atout de cette chronique réside dans la simplicité de son propos et la détermination avec laquelle le scénario l’exploite. Avec cette idée que c’est en s’adressant à une foule anonyme que le mari marri trouve les mots et le courage de les prononcer dans un jeu de la vérité salvateur qui relève de la rédemption pure et simple.



Laura Dern, Will Arnett et Calvin Knegten



Is This Thing On ? -dont le titre se réfère à l’interrogation de l’orateur désireux de vérifier que son micro est bel et bien ouvert- est une tranche de vie sans véritables héros qui met en évidence un phénomène ô combien difficile à exprimer : l’usure du temps. Elle s’appuie pour cela sur des personnages comme on en croise régulièrement, mais qui ont rarement le premier rôle, faute de réaliser des exploits hors du commun. Tout est ici une question de confiance. Le personnage incarné par Will Arnett n’a aucune raison de pavoiser. Alors quand il se retrouve derrière un micro à devoir improviser, comme beaucoup de comiques depuis Lenny Bruce, il s’inspire de ce qu’il a vécu pour captiver son auditoire. Et comme il dispose de peu de temps, il feuilletonne, et le charme agit. Sur nous comme sur son public. Derrière la modestie trompeuse de son propos, cette chronique de la fameuse crise du milieu de la vie témoigne d’une maturité qui fait souvent défaut au cinéma hollywoodien “mainstream” aujourd’hui de plus en plus coupé de la réalité sociologique, sous prétexte de satisfaire au jeunisme combiné aux desideratas du film de genre plus confortable à promouvoir sur le plan du marketing. Dès lors, on lui pardonnera quelques facilités de scénario bien excusables au profit de son souci de vérité.

Jean-Philippe Guerand






Will Arnett

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