Documentaire américano-australien de Baz Luhrmann (2025), avec Elvis Presley… 1h36. Sortie le 25 février 2026.
Elvis Presley
La technologie cinématographique rend désormais palpables les rêves les plus fous. Trois ans après lui avoir consacré un biopic mémorable, le réalisateur d’Elvis se livre à un exercice de haute voltige en ressuscitant littéralement son idole. Il signe un film de concert comme on n’en a jamais vu, en assemblant les images des performances scéniques du King, parfois sur des scènes différentes que le montage se charge de fondre entre elles, mais toujours aux États-Unis car Presley n’a jamais chanté ailleurs au cours de sa carrière, malgré sa renommée planétaire. L’Imax renforce encore l’impact de ce tour de force éblouissant par sa perfection bluffante. En l’occurrence, ce faux concert live composé d’un corpus impressionnant d’archives est le fruit d’un authentique miracle visuel et sonore rehaussé par un montage d’une rare audace qui confirme que le fameux magnétisme d’Elvis a survécu à son mythe et trouve ici une nouvelle jeunesse. Baz Luhrmann a l’intelligence de laisser la primauté aux images et surtout à la musique, mais refuse de s’astreindre à une rigueur trop contraignante. Chaque chanson interprétée en live donne lieu à un assemblage d’une virtuosité confondante qui souligne la pérennité de cette bête de scène au répertoire inépuisable dont le film ne propose qu’un résumé succinct.
Elvis Presley
Le prodige d’EPIC : Elvis Presley in Concert consiste à faire du neuf avec du vieux, en l’occurrence en exhumant une masse impressionnante d’archives inédites, puis en leur donnant une nouvelle jeunesse grâce aux ressources de la technologie moderne. Le résultat nous vaut de vivre une expérience sensorielle hors du commun, mais aussi de mieux comprendre le fameux magnétisme qu’exerçait le chanteur qui sous-tendait déjà le biopic que lui a consacré le réalisateur dans lequel il s’attardait déjà sur cet aspect de sa personnalité. Baz Luhrmann prolonge cette réflexion en l’illustrant par des images saisissantes de cette aura qu’il exerçait sur les foules et dont il usait et abusait en parfaite connaissance de cause. Ce documentaire musical d’autant plus atypique qu’il nous arrive près d’un demi-siècle après la mort de Presley frappe par sa modernité et la sensation incroyable que dégage un répertoire qui appartient désormais au patrimonial mondial de l’humanité et paraît paré contre le vieillissement. Cette expérience constitue en cela un authentique bain de jouvence qui plaira autant aux nostalgiques qu’il ralliera de nouveaux admirateurs à la cause d’Elvis dont Luhrmann nous épargne l’embonpoint et la déchéance physique, mais pas les tenues souvent ringardes qui matchent le goût parfois tapageur du cinéaste de Moulin Rouge (2001). Mais l’essentiel est ailleurs : dans un charisme prodigieux, une présence unique et surtout un répertoire inépuisable et à l’épreuve du temps.
Jean-Philippe Guerand




Commentaires
Enregistrer un commentaire