Song Sung Blue Film américain de Craig Brewer (2025), avec Hugh Jackman, Kate Hudson, Ella Anderson, Hudson Hilbert Hensley, King Princess, Michael Imperioli, Fisher Stevens, James Belushi, Mustafa Shakir, John Beckwith, Jayson Warner Smith, Cecelia Riddett, Sean Allan Krill, Jim Conroy, Kena Anae, Darius Rose… 2h13. Sortie le 31 décembre 2025.
Lui se produit dans les bars avec ses copains en reprenant les tubes de son idole absolue, Neil Diamond, crooner connu des spectateurs de cinéma pour avoir été la vedette d’un remake hasardeux du Chanteur de jazz tourné par Richard Fleischer en 1980. Elle possède un joli filet de voix qui ne demande qu’à s’exprimer, mais se consacre essentiellement à élever ses deux enfants. Au hasard de leurs engagements d’un soir, ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre, rencontrer un joli succès et leurs filles respectives vont devenir comme des sœurs. Malgré son titre passablement mensonger (si blues il y a, il s’agit moins du genre musical que d’un état d’esprit passager), ce Feel Good Movie tient toutes ses promesses D’abord parce qu’il associe deux comédiens dotés d’un véritable filet de voix. Ensuite parce qu’il met en scène des personnages écorchés par les épreuves qui les surmontent en chantant, mais restent attachés aux choses de la vie et s’accrochent à des rêves plutôt prosaïques en lesquels n’importe qui peut se reconnaître aisément. C’est le secret assumé de ce film sans autre prétention que de faire passer un bon moment en agréable compagnie. En l’occurrence, Hugh Jackman est craquant en chanteur de bar mithridatisé contre les coups durs qui prend le parti de positiver en toutes circonstances Quant à la trop rare Kate Hudson, nommée à l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour Presque célèbre (2001), elle a eu trop peu d’occasions de manifester son talent de chanteuse pour qu’on ne se réjouisse pas de la retrouver ici sur son registre de prédilection.
Hugh Jackman et Kate Hudson
Sur un air de blues offre très précisément ce qu’on est en droit d’en attendre. Une histoire d’amour portée par une bande originale généreuse en reprises, avec ce qu’il faut de mélodrame et de moments de bonheur fugaces. Aussi invraisemblable puisse paraître son scénario tiré d’une histoire vraie, credo désormais imparable, il s’inspire du documentaire Song Sung Blue (2008) consacré par Greg Kohs au duo Lightning & Thunder originaire du Milwaukee. Une occasion en or pour les comédiens de s’emparer sans modération de ces héros inexportables dont la résilience force le respect, tant ils traversent d’épreuves, mais aussi de moments de pur bonheur tels que les affectionne une Amérique profonde sur laquelle le temps semble s’être arrêté et qui aime à chanter en chœur afin d’oublier les soucis du quotidien. On y redécouvre le talent versatile de l’Australien Hugh Jackman, acteur australien qui réussit la prouesse de faire oublier son personnage fétiche de Wolverine, rouflaquettes et tenues de scène tapageurs à l’appui, et confirme combien il appartient à cette espèce en voie de disparition que constituent les Entertainers, ces artistes tout-terrain adulés des Anglo-Saxons. C’est précisément parce que ses interprètes assument l’emphase et la surenchère que le film va bien au-delà de son propos en explorant le caractère curatif de la musique populaire. Ce sont d’ailleurs ses excès assumés qui constituent son plus sûr argument de séduction. Aux antipodes du cynisme et des désillusions en vogue dans un cinéma américain qui semble parfois avoir renoncé à prodiguer du bonheur.
Jean-Philippe Guerand




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