Accéder au contenu principal

“La femme de ménage” de Paul Feig



The Housemaid Film américain de Paul Feig (2025), avec Sydney Sweeney, Amanda Seyfried, Brandon Sklenar, Michele Morrone, Indiana Elle, Elizabeth Perkins, Ellen Tamaki, Megan Ferguson, Brian D. Cohen, Maury Ginsberg, Don DiPetta, Cailen Fu, Alexandra Seal, Sophia Bunnell, Lamar Baucom-Slaughter, Iván Amaro Bullón, Arabella Olivia Clark… 2h11. Sortie le 24 décembre 2025.



Sydney Sweeney et Amanda Seyfried



Pour celles et ceux qui auraient passé les trois dernières années sur une autre planète, “La femme de ménage” a d’abord été un roman de Freida McFadden publié en 2022 et suivi de deux autres best-sellers formant une trilogie : “Les secrets de la femme de ménage” (2023) et “La femme de ménage voit tout” (2024), puis d’une nouvelle intitulée “La femme de ménage se marie” parue en mai 2025. L’adaptation cinématographique de ce phénomène de librairie était donc très attendue. Elle donne lieu aujourd’hui à un thriller psychologique particulièrement pervers dans lequel une jeune femme tout juste sortie de prison trouve un emploi providentiel au sein d’une famille bourgeoise dont la mère passablement perturbée forme un couple fusionnel mais volcanique avec son mari dévoué. Jusqu’au moment où la situation se dégrade et où l’employé devenue la bête noire de sa patronne se réfugie… dans les bras du maître de maison, lequel joue de son charme avec un art consommé. De ce postulat qui aurait pu donner lieu à un suspense classique, Paul Feig signe une étude de caractères au vitriol où les victimes présentent la particularité d’être parfois aussi les suspects sinon carrément les coupables. Certes, il charge la barque des névroses en confrontant trois personnages en proie à des démons qui s’avèrent passablement incompatibles entre eux. Il choisit toutefois à cet effet des interprètes qui jouent le jeu et même plus encore…



Sydney Sweeney et Amanda Seyfried



La femme de ménage, que suivra prochainement Christy de David Michôd (programmé le 4 mars prochain) dans lequel elle campe une boxeuse, devrait confirmer le nouveau statut de star de Sydney Sweeney, révélée par un tour de force mémorable dans Reality (2023). Elle excelle dans ce personnage à qui son passé secret va permettre de résister à la toxicité de ses patrons. Amanda Seyfried campe quant à elle cette bourgeoise bipolaire qui ne réussit ni à se comporter en mère exemplaire, ni à assumer son rôle d’épouse dans un contexte social où le paraître est primordial. Un nouveau défi réussi pour la reine de beauté révélée par Lolita malgré moi qui aborde la quarantaine en brisant le moule des conventions et en affichant de nouvelles ambitions que concrétise simultanément sa composition dans Le testament d’Ann Lee de Mona Fastvold, à l’affiche le 11 mars 2026. De la confrontation de ces deux femmes que tout oppose, avec pour arbitre fantasmatique le mari faussement modèle campé par le bellâtre Brandon Sklenar, naît un film qui a le bon goût de ne rien s’interdire et peut être interprété comme une sorte de point de non-retour de la Romcom hollywoodienne traditionnelle, genre dont le metteur en scène Paul Feig maîtrise lui-même parfaitement les codes et les transgresse avec d’autant plus d’aisance. Résultat, un film ludique qui sait ménager ses effets et joue avec nos nerfs en assumant son caractère jubilatoire et ses excès, avec la complicité d’un trio de comédiens qui se défoule sans modération.

Jean-Philippe Guerand





Brandon Sklenar et Sydney Sweeney

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le paradis des rêves brisés

La confession qui suit est bouleversante… © A Medvedkine Elle est le fait d’une jeune fille de 22 ans, Anna Bosc-Molinaro, qui a travaillé pendant cinq années à différents postes d’accueil à la Cinémathèque Française dont elle était par ailleurs une abonnée assidue. Au-delà de ce lieu mythique de la cinéphilie qui confie certaines tâches à une entreprise de sous-traitance aux méthodes pour le moins discutables, CityOne (http://www.cityone.fr/) -dont une responsable non identifiée s’auto-qualifie fièrement de “petit Mussolini”-, sans nécessairement connaître les dessous répugnants de ses “contrats ponctuels”, cette étudiante éprise de cinéma et idéaliste s’est retrouvée au cœur d’un mauvais film des frères Dardenne, victime de l'horreur économique dans toute sa monstruosité : harcèlement, contrats précaires, horaires variables, intimidation, etc. Ce n’est pas un hasard si sa vidéo est signée Medvedkine, clin d’œil pertinent aux fameux groupes qui signèrent dans la mouva...

Berlinale Jour 2 - Mardi 2 mars 2021

Mr Bachmann and His Class (Herr Bachmann und seine Klasse) de Maria Speth (Compétition) Documentaire. 3h37 Dieter Bachmann est enseignant à l’école polyvalente Georg-Büchner de Stadtallendorf, dans le Nord de la province de Hesse. Au premier abord, il ressemble à un rocker sur le retour et mêle d’ailleurs à ses cours la pratique des instruments de musique qui l’entourent. Ses élèves sont pour l’essentiel des enfants de la classe moyenne en majorité issus de l’immigration. Une particularité qu’il prend constamment en compte pour les aider à s’intégrer dans cette Allemagne devenue une tour de Babel, sans perdre pour autant de vue leurs racines. La pédagogie exceptionnelle de ce professeur repose sur son absence totale de préjugés et sa foi en une jeunesse dont il apprécie et célèbre la diversité. Le documentaire fleuve que lui a consacré la réalisatrice allemande Maria Speth se déroule le temps d’une année scolaire au cours de laquelle le prof et ses élèves vont apprendre à se connaître...

Bud Spencer (1929-2016) : Le colosse à la barbe fleurie

Bud Spencer © DR     De Dieu pardonne… Moi pas ! (1967) à Petit papa baston (1994), Bud Spencer a tenu auprès de Terence Hill le rôle de complice qu’Oliver Hardy jouait aux côtés de Stan Laurel. À 75 ans et après plus de cent films, l’ex-champion de natation Carlo Pedersoli, colosse bedonnant et affable, était la surprenante révélation d’ En chantant derrière les paravents  (2003) d’Ermanno Olmi, Palme d’or à Cannes pour L’arbre aux sabots . Une expérience faste pour un tournant inattendu au sein d’une carrière jusqu’alors tournée massivement vers la comédie et l’action d’où émergent des films comme On l’appelle Trinita (1970), Deux super-flics (1977), Pair et impair (1978), Salut l’ami, adieu le trésor (1981) et les aventures télévisées d’ Extralarge (1991-1993). Entrevue avec un phénomène du box-office.   Rencontre « Ermanno Olmi a insisté pour que je garde mon pseudonyme, car il évoque pour lui la puissance, la lutte et la viol...