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“Godzilla Minus Zero” de Takashi Yamazaki



Gojira Mainasu Zero Film japonais de Takashi Yamazaki (2026), avec Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe, Yamada Yuki, Munetaka Aoki, Hidetaka Yoshioka, Ando Sakura, Kuranosuke Sasaki, Miou Tanaka, Min Tanaka, Michael Arias… 2h15. Sortie le 4 novembre 2026.



Minami Hamabe



Sans mauvais jeu de mots, Godzilla est en quelque sorte le serpent de mer du cinéma japonais. Une créature préhistorique qui hante les écrans depuis sa création en 1954 par le producteur Tomoyuki Tanaka et le réalisateur Ishirō Honda sous l’égide du studio Tōhō, et a engendré à ce jour une quarantaine d’opus en distillant un double discours écologique et anti-nucléaire dans un pays traumatisé par les bombardements atomiques de Nagasaki et Hiroshima. Le film originel a attiré neuf millions de spectateurs au Pays du Soleil levant et engendré quatre cycles successifs. Le plus récent, baptisé Raiwa, a débuté en 2016, au moment même où Américains et Japonais s’associaient pour lancer leur propre univers, le Monsterverse. Après Godzilla Minus One (2023) et son Oscar des meilleurs effets visuels, Takashi Yamazaki signe aujourd’hui sa suite, Godzilla Minus Zero, dans laquelle il met en scène un kamikaze rescapé mais en proie à des troubles post-traumatiques qui assiste au retour du monstre contre lequel s’unissent des soldats et des vétérans soucieux de protéger leur patrie. Ce nouvel opus s’impose à la fois par le soin scrupuleux apporté à la reconstitution du Japon de l’immédiat Après-Guerre et une armada technologique impressionnante, que ce soit par l’usage de l’Imax qui démultiplie sa perfection formelle et par le Dolby 7.1 qui rehausse l’intégralité de ses effets sonores. Une optimisation tout entière au service d’un film spectaculaire à souhait qui ne peut justifier sa raison d’être qu’en étant vu sur le plus grand écran et dans les meilleures conditions possibles.





Le nom même de Godzilla semble impliquer en soi une surenchère d’effets spéciaux et de séquences à sensation. Takashi Yamazaki sait par expérience que le secret de son efficacité est également indissociable de la solidité de son scénario, forcément incompatible avec la moindre négligence. Il orchestre ici la confrontation de la mauvaise conscience collective du peuple japonais doublement atomisé avec un monstre préhistorique venu du fond des âges qui en est à la fois la conséquence et une promesse d’anéantissement. Les scènes d’action sont évidemment impressionnantes, mais distillées avec un art consommé du suspense. Face à une menace aussi colossale, la force pure s’avère moins efficace que la ruse. Le film s’emploie donc à montrer quelques citoyens conjuguant leurs efforts dans un contexte défavorable -un pays en reconstruction-, afin de faire face à cette menace d’autant plus irrationnelle qu’elle s’avère en outre multiple, ce qui ne constitue pas nécessairement une circonstance aggravante. Godzilla Minus Zero fait déjà date dans la longue histoire de cette saga passée du folklore de la série B au stade d’une superproduction aux visées internationales dont la sortie mondiale a d’ores et déjà été planifiée avec la rigueur d’une campagne militaire et en se donnant les moyens de ses ambitions. Reste maintenant à savoir comment s’intitulera l’inéluctable opus suivant de ce compte à rebours à succès…

Jean-Philippe Guerand






Ryûnosuke Kamiki

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