Film américain de Jordan Firstman (2026), avec Jordan Firstman, Reggie Absolom, Diego Calva, Cara Delevingne, Miss Benny, Colleen Camp, Kirby Howell-Baptiste, Vicki Pepperdine, Eldar Isgandarov, Alaina Surgerer, Jack Irv, Jack Cameron Kay, Brian D. Cohen, André Dae Kim, Franc Ashman, Jack Eugene Perry, Paris Petitjean, Nick Pinkerton, Frank Bourke, Will Inman, Saturn Risin9, Amanda Lepore… 2h02. Sortie le 4 novembre 2026.
Jordan Firstman
Un organisateur new-yorkais de soirées voit son quotidien bouleversé par l’intrusion de son petit garçon d’une dizaine d’années dont il ne s’est jamais vraiment occupé ni même préoccupé, tout simplement parce qu’il ignorait jusqu’alors son existence. Le point de départ du premier long métrage écrit, réalisé et interprété par Jordan Firstman n’est pas très original. Il a notamment servi à Prince of Broadway (2008) de Sean Baker. Club Kid se présente comme une exploration de la paternité quand elle tombe à l’improviste sur les épaules d’un hédoniste qui n’a jamais assumé tout à fait les conséquences de ses actes et doit adapter son mode de vie à un enfant en âge de le juger qui émerge du néant, comme un fardeau et va s’avérer être le plus précieux des cadeaux car il va le forcer à se confronter au réel et à en tirer des conséquences durables sur le plan personnel. Il ne faut surtout pas se laisser berner ni rebuter par le premier quart d’heure du film, longue scène d’exposition qui montre ce jouisseur dans sa vie quotidienne et ses frasques nocturnes et plutôt artificielles. Cette séquence destinée à nous familiariser avec lui nous entraîne en fait sur une fausse piste que la suite du film va s’employer à corriger. L’équation à résoudre est la suivante : comment concilier une existence illusoire conditionnée par la jouissance et l’insouciance avec des responsabilités d’adulte auxquelles rien n’a préparé cet oiseau de nuit qui s’étourdit depuis toujours dans un monde factice et superficiel pour ne pas avoir à subir le poids du réel ?
Jordan Firstman
Lorsque l’enfant paraît, le célibataire insouciant doit d’abord apprendre à vivre pour quelqu’un d’autre et à sacrifier une part de son égoïsme pour prendre soin de cette petite personne entrée dans son intimité par effraction, au risque de le pousser à vieillir et plus encore à mûrir. Club Kid applique le principe de la comédie d’apprentissage adolescente à un trentenaire qui s’est étourdi dans la fête pour ne pas vieillir, sans voir qu’à différer le moment d’assumer ses responsabilités en adulte il s’est laissé rattraper malgré lui par son âge. Alors il va saisir sa chance et découvrir les joies de la paternité, en retard mais à l’accéléré. Jordan Firstman assume et même revendique ce propos en cumulant les fonctions de scénariste, de réalisateur et même d’acteur principal d’un film qui prend dès lors un caractère non seulement intime mais surtout très personnel. Il ne cherche jamais ni à se dérober devant ses responsabilités, ni à se cacher derrière son personnage, pas plus qu’il ne le ménage. Notre regard est sans doute quelque peu différent de celui des Américains qui connaissent la réputation de Firstman en tant qu’acteur, humoriste et vedette des réseaux sociaux. Son premier film nous séduit pour ses qualités propres et sa façon de s’y investir totalement qui lui a d’ailleurs valu le grand prix et le prix du public du festival de Deauville, sans doute pour une bonne part en raison de sa façon de s’y impliquer sur le plan émotionnel et de ne jamais chercher à tricher ou à se donner le beau rôle.
Jean-Philippe Guerand




Commentaires
Enregistrer un commentaire