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“Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween” de Steve Cox et Matthew Walker



Shaun The Sheep : The Beast of Mossy Bottom Film d’animation britannique de Steve Cox et Matthew Walker (2026), avec (voix) Justin Fletcher, John Sparkes, Kate Harbour, Nina Sosanya, Paul Whitehouse, Roman Kemp, Dani Dyer… 1h21. Sortie le 21 octobre 2026.





Le studio Aardman a bâti sa réputation enviable sur sa gestion particulière du temps et une conception du cinéma d’animation qui renvoie à certains de ses pionniers. Chacune de ses productions est conçue comme un véritable prototype qui ne souffre pas la moindre approximation. Résultat, un rythme qui peut paraître trop lent à ses admirateurs, mais aboutit à des films qui ne ressemblent vraiment à aucun autre. De véritables petits bijoux en pâte à modeler qui sont animés au rythme de deux secondes utiles par jour, ce qui est très peu. Shaun le mouton a été le héros d’une série télévisée en 170 épisodes à partir de 2007 avant de connaître une première déclinaison cinématographique avec Shaun le mouton (2015), puis Shaun le mouton, le film : La ferme contre-attaque (2019), ainsi que le moyen métrage L’incroyable Noël de Shaun le mouton (2023), le film à sketches Shaun le Mouton : la ferme en folie (2025) et aujourd’hui Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween. Loin de se reposer sur ses lauriers, ce nouvel opus ne se contente jamais de décliner paresseusement un concept éprouvé, mais se renouvelle sans chercher à courir derrière une modernité factice. À l’approche de la fête des morts, les habitants de la fameuse ferme de Mossy Bottom voient leur petit monde en émoi lorsque le fermier piétine détruit par maladresse sa plantation de citrouilles. Dès lors, rien ne va plus : tandis que le paisible Shaun se transforme en savant fou, un monstre non identifié apparaît en déclenchant une panique générale, transformant ce qui s’annonçait comme une fête joyeuse en un véritable cauchemar… pour rire.





Ce nouvel opus joue sur la magie de la fête d’Halloween sans changer pour autant outre mesure la nature profonde de ses protagonistes. Le charme de cette franchise joue pour une bonne part sur le fait que ses personnages ne sont pas doués de la parole et s’expriment au moyen de borborygmes fort expressifs. Shaun le mouton lui-même est apparu pour la première fois à l’écran dans le court métrage oscarisé Rasé de près (1995) qui mettait en scène un tandem de personnages emblématiques du studio Aardman, l’inventeur Wallace et son chien Gromit. Monté en grade, l’ovin facétieux est devenu un héros à part entière grâce à un regard particulièrement expressif et à une intelligence supérieure à celle de ses congénères qui en font le leader naturel du troupeau. Il a cette fois affaire à forte partie en la personne de ce monstre pour rire qualifié de “bêêête d’Halloween” à défaut de pouvoir le définir plus précisément. Et même si le scénario de cet opus apparaît parfois un peu décousu, il recèle suffisamment de gags savoureux pour séduire l’ensemble du fan-club de Shawn, y compris les plus jeunes spectateurs tant il y a peu à comprendre, mais aussi celles et ceux qui apprécient le caractère artisanal des films produits par le studio Aardman pour cet humour anglais qu’ils perpétuent avec une imagination intarissable et renouvelée.

Jean-Philippe Guerand






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