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“Le roi du game” d’Éric Judor



Film français d’Éric Judor (2026), avec Éric Judor, Alexandra Lamy, Marc Labrèche, Hafid F. Benamar, Liona Bordonaro, Pierre Gommé, Maxime Biaggi, Kirk Deveyck… 1h28. Sortie le 21 octobre 2026.



Alexandra Lamy et Éric Judor



Un père en froid avec sa fille la suit parmi une communauté de participants qui se réunissent pour un jeu de rôles et se trouve plongé dans une atmosphère médiévale dont aucun des protagonistes n’est tout à fait ce qu’il prétend être dans la vraie vie, le principe étant de devenir quelqu’un d’autre le temps d’un week-end. Une immersion ludique mais déconcertante au fil de laquelle il succombe au charme d’un rituel qui permet à certains de ses participants d’occuper une place plus enviable que dans la réalité prosaïque de leur quotidien et de communier dans des rituels impénétrables pour les profanes. Avec son humour coutumier, Éric Judor dépeint ce monde alternatif où tout est plus magique et où la hiérarchie sociale traditionnelle est bouleversée par les fonctions affectées à chacun de ces joueurs qui se réunissent pour échapper à la monotonie ambiante dans un univers imaginaire et ludique qui fonctionne selon ses règles propres dans une atmosphère d’Heroic Fantasy au rabais. Éric Judor confirme ici son goût pour une réalité alternative qu’il avait déjà manifesté dans son opus précédent, Problemos (2017), lequel prenait quant à lui pour cadre une ZAD confrontée à… la fin du monde. Plus belle la vie ? Pas nécessairement, à en juger par cette communauté qu’il décrit où se réunissent des individus insatisfaits et frustrés qui se retrouvent pour quelques jours promus à des fonctions honorifiques et fantaisistes qui leur donnent l’occasion de prendre leur revanche sur des situations personnelles peu enviables voire souvent minables.



Marc Labrèche et Hafid F. Benamar



Le créateur de la série Platane porte sur cet univers étrange un regard qui n’a rien de méprisant ni même de moqueur. Il assume lui-même le rôle de ce père en immersion parmi cette faune interlope de joueurs qui communient dans ce monde imaginaire en proie à une batterie de rituels et de coutumes pittoresques en se rapprochant par bien des aspects du fonctionnement des fêtes des fous, ces mascarades traditionnelles elles-mêmes héritées des saturnales romaines. Initialement intitulé Le puy des oufs, Le roi du game est une réussite qui doit beaucoup à l’empathie du réalisateur vis-à-vis de ses compagnons de jeu, qu’il s’agisse d’Alexandra Lamy dont l’exubérance fait toujours merveille sur le registre de la comédie, ou de l’humoriste québécois Marc Labrèche, connu jusqu’alors en France pour son rôle principal dans L’âge des ténèbres (2007) de Denys Arcand. Le film propose en cela une vision créative de la comédie qui tranche avec la médiocrité trop souvent ambiante et témoigne de l’imagination fertile des scénaristes associés par Judor, Antonin Fourlon (Chasse gardée) et Cédric Prévost (Love Bug). Ils développent habilement cette vision d’un univers parallèle où se réunissent des citoyens ordinaires en quête de dépaysement et de sensations fortes, pour prendre leur revanche sur la morosité ambiante, dans la peau de personnages qui leur permettent de se transcender sans vraiment se prendre au sérieux. Encore que…

Jean-Philippe Guerand






Alexandra Lamy et Marc Labrèche

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