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“Hope” de Na Hong-jin



Hopeu Film sud-coréen de Na Hong-jin (2026), avec Hwang Jung-min, Zo In-sung, Jung Ho-yeon, Michael Fassbender, Alicia Vikander, Taylor Russell, Cameron Britton, Lee Sang-hee, Im Hyeon-sik, Hwang Seok-jeong… 2h37. Sortie le 28 octobre 2026.



Hwang Jung-min



Présenté cette année en compétition au Festival de Cannes, ce film catastrophe a de quoi dérouter. On y suit un policier de la petite ville de Hope rouler à tombeau ouvert dans des rues ravagées par une menace indéterminée qui va mettre un certain temps à se dévoiler dans toute son ampleur. De la dévastation, on ne perçoit que des signes extérieurs spectaculaires et toujours la sidération qu’elle sème sur son passage. Côté mise en scène, Na Hong-jin n’est pas vraiment le premier venu. C’est à ce cinéaste coréen qu’on doit la trilogie de choc que constituent The Chaser (2008), The Murderer (2010) et The Strangers (2016). Des titres laconiques pour des thrillers percutants conçus avec un soin maniaque auxquels succède aujourd’hui un pur film de science-fiction sur fond d’invasion extra-terrestre qui ose défier Hollywood sur l’un de ses terrains de prédilection, la science-fiction, et s’offre le luxe de narguer un intouchable du genre en la personne de James Cameron. Au point de concurrencer et même de plagier certaines créatures polymorphes et colorées de la saga Avatar qui puisent leur humanité dans des représentations iconiques occidentales sous les traits de Michael Fassbender et Alicia Vikander dont la présence au générique, de nature à surprendre, n’est résolue que très tradivement. En révéler davantage consisterait sans doute un crime de lèse-spectateur, car le charme de ce film survitaminé repose pour une bonne part sur sa surenchère d’effets spéciaux et son rythme trépidant. C’est aussi paradoxalement sa limite, dans la mesure où la minceur du scénario ne parvient pas toujours à justifier la durée excessive de cette fresque spectaculaire qui prolonge certaines scènes au-delà du raisonnable, en duplique d’autres et n’hésite pas à s’enivrer complaisamment de sa puissance jubilatoire. Trop d’action tue parfois l’action en tournant à la démonstration de force.



Zo In-sung



Hope décrit un monde paisible en proie à une menace terrifiante venue d’ailleurs contre laquelle l’humanité n’a pas les moyens de se défendre. Alors elle oppose à cette force irrationnelle son arme secrète : un subtil mélange de bon sens et de malice qui permet en quelque sorte de contourner l’obstacle pour ne pas avoir à l’affronter. Il y a quelque chose chez ses autochtones de la vaillance de certains irréductibles Gaulois gavés de potion magique opposant une résistance inattendue aux légions romaines surpuissantes. L’originalité du film de Na Hong-jin consiste à jouer la carte de l’humour à travers ce personnage de policier dévoué à sa tâche qui traque un ennemi invisible en se contentant d’abord de constater les dégâts qu’il provoque avant de l’affronter dans un combat déséquilibré, alors qu’il n’en a pas du tout les moyens, mais prend les risques les plus fous. Ce personnage est notre premier regard sur les événements qui se déroulent, mais dont on ne mesure la réalité que progressivement. Le début du film est en cela une sorte de teasing prolongé qui nous laisse entrevoir l’ampleur de la menace qui frappe cette cité baptisée ironiquement Hope comme espoir dont la population vieillissante n’a pas les moyens de se défendre, ni même de comprendre pourquoi elle est devenue un véritable champ de bataille pour des combattants inconnus. Dommage toutefois que la surenchère d’effets spéciaux finisse par prendre un net ascendant sur une humanité réduite à donner de sa personne en jouant malgré elle les victimes collatérales. Mais peut-être s’agit-il là du message subliminal de ce film à grand spectacle qui ambitionne davantage de distraire que de donner à réfléchir.

Jean-Philippe Guerand






Hwang Jung-min

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