Film américain de David Ayer (2026), avec Brad Pitt, Uber, J. K. Simmons, Anna Lambe… 1h41. Sortie le 23 septembre 2026.
Brad Pitt et Uber
Un ex-agent des Forces spéciales débarque en Alaska à bord d’un avion de tourisme en compagnie de son chien d’attaque. Au cœur de cette vaste étendue propice à la solitude, il va revenir aux fondamentaux de la vie : pêcher, chasser et profiter de sa liberté en exorcisant les démons de son passé guerrier. Seul avec cet animal devenu son meilleur ami, il va tenter d’oublier et de se reconstruire, loin de la civilisation. Cette variation moderne autour du thème éternel de Robinson Crusoë est l’occasion pour le réalisateur David Ayer, réputé pour l’efficacité de ses films d’action, d’appliquer à une postulat minimaliste une mise en scène ambitieuse qui s’appuie notamment sur son cadre naturel impressionnant, par ailleurs très loin des étendues glacées le plus souvent associées au cinéma à cette région pratiquement vide de toute population. L’habileté du scénario consiste à se concentrer autour de ses deux protagonistes, l’un humain, l’autre animal, et à n’évoquer leur passé guerrier que sous forme de flashes pour montrer l’enfer auquel ils ont réchappé et dont ils sont venus essayer d’effacer les traumas. Le propos du film apparaît beaucoup plus grave qu’il ne pourrait y paraître de prime abord. Si retour à la nature il y a, Heart of the Beast ne prône pas vraiment un retour à la terre sur le plan écologique.
Brad Pitt et Uber
Le film se présente comme un authentique défi dramaturgique qui consiste à réduire ses protagonistes à l’homme et son chien, face à quelques personnages qu’ils viennent à croiser de façon toujours ponctuelle. Dès lors, la mise en scène s’en remet à leurs rapports et à une exploitation du cadre naturel dans lequel ils évoluent et des impondérables provoqués par les éléments dont le film se garde d’abuser. Comme Robert Redford dans All Is Lost (2013) de J. C. Chandor, Brad Pitt se trouve confronté ici à un véritable défi qui repose pour une bonne part sur son charisme que David Ayer avait déjà eu l’occasion d’exploiter dans un tout autre contexte avec son film de guerre Fury (2014). L’acteur incarne en quelque sorte ce personnage usé par son expérience au combat qui aspire au calme et à l’isolement, comme en témoigne ses échanges diserts avec l’un des rares personnages qu’il croise. Cet ancien combattant aguerri a en outre été formé à vivre de façon autonome et à se débrouiller avec les moyens du bord dans un contexte pas particulièrement hostile. L’un des principaux mérites du film consiste en outre à rendre hommage à l’action méconnue des chiens sur les différents théâtres de guerre et les sacrifices dont ils ont souvent été les victimes pour sauver des vies humaines. Il s’agit même de la principale raison d’être de cet authentique tour de force qui devrait combler tous les amis des animaux par son respect et son sens du spectaculaire. Le cœur de la bête bat ici la chamade sans la moindre mièvrerie. Avec en prime un dénouement propice à l’émotion.
Jean-Philippe Guerand




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