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“Oklahoma Honey” d’Andrew Patterson



The Rivals of Amziah King Film américain d’Andrew Patterson (2026), avec Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, Kurt Russell, Jake Horowitz, Tony Revolori, Cole Sprouse, Scott Shepherd, Rob Morgan, Owen Teague… 2h10. Sortie le 19 août 2026.



Angelina LookingGlass et Matthew McConaughey



Rares sont les films qui échappent à un dispositif préconçu et osent outrepasser certaines règles dramaturgiques. Par exemple, en changeant de regard en cours de route ou en escamotant l’un des personnages principaux avec lequel on se croyait embarqué jusqu’au générique de fin. Tel est le cas d’Oklahoma Honey. Un apiculteur qui excelle par ailleurs en tant que musicien de bluegrass dans le Sud-Ouest des États-Unis voit revenir dans les parages sa fille adoptive d’origine indienne devenue adulte qu’il entreprend d’initier à l’art délicat de travailler le miel jusqu’à l’excellence, dans l’espoir qu’elle assume un jour la relève de son activité fort lucrative qui attire la concupiscence de gens mal intentionnés. Un impondérable vient toutefois bouleverser ses plans et contraindre la jeune femme à prendre son avenir en main prématurément dans un univers dominé par les hommes. Le résumé qui précède ne donne qu’un aperçu plutôt sommaire du point de départ d’un film qui semble renouer avec le lyrisme du cinéma d’aventure de l’âge d’or, à travers la personnalité de la figure charismatique qu’incarne Matthew McConaughey, un acteur décidément en marge qui met volontiers sa notoriété au service de projets singuliers et d’auteurs talentueux. Il accepte en outre ici le plus ingrat des défis en passant le relais à un autre personnage en cours de route, qui plus est jeune et féminin.



Kurt Russell



Oklahoma Honey nous plonge dans l’univers méconnu des apiculteurs et du trésor auxquels ils consacrent tous leurs efforts : le miel. Un monde secret dont on ne voit généralement que les abeilles butineuses. Originaire de cette terre dont il a décidé de faire le cadre de son cinéma, Andrew Patterson, qui a signé auparavant pour Amazon The Vast of Night (2019), s’attache quant à lui au fruit de leur labeur dont on découvre qu’il devient parfois l’enjeu de luttes féroces, tant sa valeur marchande est considérable. Cette immersion épouse le regard de la novice campée par Angelina LookingGlass et confrontée à des rapaces locaux qui cherchent à l’évincer et à accaparer le pactole sur lequel elle est chargée de veiller. Avec face à elle un potentat redoutable que campe avec la nonchalance de rigueur le trop rare Kurt Russell : un méchant qu’on a quelque difficulté à haïr, eu égard à ses états de service cinématographiques chez John Carpenter et Quentin Tarantino. Sa composition de caïd des péquenauds s’impose comme un modèle du genre. Le film joue par ailleurs la carte de l’aventure et décrit une Amérique qui s’accroche à ses traditions en perpétuant des rapports de force hérités des premiers pionniers, ces conquérants venus du bout du monde. Sa particularité est de se dérouler dans le contexte qui a baigné les jeunes années du réalisateur et lui inspire aujourd’hui l’envie de le faire partager au spectateur avec cette idée sous-jacente qui lui a suggéré à un moment d’imaginer un western raconté du point de vue des Indiens. Comme pour inverser la fameuse maxime qui affirme que l’histoire est racontée du point de vue des vainqueurs. Il en reste aujourd’hui ce personnage féminin volontaire qui refuse de se déclarer battu et prend son destin en mains pour essayer de faire bouger les lignes du patriarcat et des préjugés. C’est précisément là que se niche l’originalité et la pertinence de ce film enthousiasmant qui assume son anticonformisme jusqu’au bout.

Jean-Philippe Guerand







Jake Horowitz et Angelina LookingGlass

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